Bannière d'église à Città di Castello
Deux toiles peintes à la détrempe.
4° La sainte Trinité. Dieu le Père, assis sur des nuages dans une gloire, tient des deux mains le crucifix, au-dessus duquel rayonne le Saint-Esprit. Dans le bas, à gauche, saint Sébastien ; à droite, saint Roch, tous deux à genoux, en prière et levant leurs regards vers le Père Éternel. Figures de demi-grandeur naturelle.
20 La Création d’Eve. (C’est le revers de la bannière.) Adam est endormi, à gauche. Du côté droit, le Créateur, sous la forme d’un vieillard, s’avance vers lui. De chaque côté, dans le haut, il y a un ange en adoration, un pied posé sur un nuage ; ces deux anges sont semblables à ceux du tableau du Pérugin qui se trouve au musée de Lyon.
Ces peintures, exécutées à la colle, sur des toiles légèrement préparées, sont entourées d’une bordure bleue avec des entrelacs d’or et des ornements à palmettes. Sur le bord du vêtement du Père est la lettre R, pour signature. L’exécution tout à fait dans le style du Pérugin accuse cependant, et surtout dans le paysage, une manière de peindre plus large et plus gracieuse. Chacune de ces toiles a 3 pieds environ en hauteur sur 3 de large.
Le plus ancien document relatif à cette bannière, peinte vers l’année 4500 pour l’église S. Trinità de Città di Castello, se trouve dans les Fiori vaghi, imprimées en 1627, où il est dit (p. 179) : « Chiesa della Trinità : 11 Gonfalone con la Santissima Trinità da una parte, e dall altra quando di Adamo fu formata Eva, dipinto da Raffaello d’Urbino. » Francesco Lazzari, dans sa Serie de’ Vescovi di Ciltà di Castello (Koligno, 1693), p. 285, cite aussi ces lableaux comme deux anciennes bannières placées sur deux autels de l’église S. Trinità. Aujourd’hui, ils sont encore suspendus aux murs de l’église. Mais ils furent, on ne sait à quelle époque, dans l'intérêt de leur conservation sans doute, recouverts d’un vernis, qui à poussé au noir et qui maintenant laisse à peine distinguer ce qu’il représentent.