Le Couronnement de saint Nicolas de Tolentino
Selon Vasari, Lanzi et Pungileoni, ce tableau, qui se trouvait dans l'église S. Agostino à Città di Castello, serait un des premiers ouvrages de Raphaël. « Fappris à Città di Castello, dit Lanzi, dans son ouvrage : Storia pitterica dell’ Italia, que Raphaël avait peint, à l’âge de dix-sept ans, le Saint Nicolas chez les ermites. Le style était du Pérugin, mais le tableau n'avait pas la composition ordinaire d’alors, avec la Vierge assise sur un trône, entourée de saints personnages. Ici il représente V’'Élu auquel la Vierge et saint Augustin, en partie cachés dans un nuage, posent une couronne sur la tête. De chaque côté des saints se trouvent deux anges, de mouvements divers, qui déroulent des bandes de parchemin sur lesquelles sont écrites des louanges en l'honneur du saint ermite ; dans le haut, on voit encore Dieu le Père, demi-figure, dans une auréole formée de têtes de chérubins. Toutes les figures sont placées dans une espèce de temple dont les pilastres sont couverts de petits ornements dans le genre du Mantegna. Les plis des draperies sont encore, dans quelques parties, d’un goût surauné, mais, dans d’autres cependant, d’un goût meilleur. De même, le démon, couché sous les pieds du saint, n’a pas cette laideur capricieuse que les anciens lui donnaient ; ici il ressemble à un nègre. »
Pungileoni fait aussi de ce tableau une description à peu près semblable, dans son Eloygio storico di Raffaello Santi (p. 34); mais il fait entrer à tort dans l'ordonnance de la composition un saint Nicolas de Bari. En effet, l’esquisse qui est au musée Wicar à Lille se rapporte parfaitement à la description de Lanzi, avec cette seule différence que, dans le dessin, chacune des trois figures du haut tient une couronne audessus de la tête du saint.
Ce tableau d’autel fut très-endommagé dans un tremblement de terre qui renversa en partie l’église où il se trouvait. Pour réparer l’église, les moines vendirent le tableau, en 1789, au pape Pie VI. Celui-ci le fit couper de manière à former plusieurs tableaux qui devaient être restaurés. On a pu les voir en cet état au Vatican jusqu’à la prise de Rome par les Français. Ils ont disparu depuis. Le fragment le mieux conservé était celui qui contenait la figure de Dieu le Père. ‘
Dans le musée que le peintre Wicar a légué à la ville de Lille, on possède une étude faite pour ce tableau :
Saint Nicolas de Tolentino. Étude d’après une figure nue, debout sur un démon. A gauche, un ange en adoration. En haut, dans une gloire, une demi-figure de vieillard, étude pour Dieu le Père. Aux deux côtés, deux demi-figures, études pour la Vierge et saint Augustin, portés sur des nuages, tenant des couronnes. Dessin cintré dans le haut.