Portrait de Phædra Inghèram
Sur bois. H. 33” 4°”; 1: 23”; demi-figure.
Le personnage est tourné à gauche, les regards dirigés vers le haut (l'œil droit louche fortement). Il tient une plume de la main droite pour dresser un procès-verbal sur une table couverte d’un tapis, où lon voit le papier et l’encrier placés devant lui; car il est ici représenté dans l'exercice de ses fonctions de secrétaire du conclave où Léon X fut élu pape. C’est en qualité de secrétaire du conciave, qu’il porte un vêtement rouge et un bonnet de même couleur. A côté de lui, à gauche, est ouvert un livre sur un petit pupitre. Pour fond, une draperie verte. C’est un gros homme, dans la force de l’âge ! : sa physionomie annonce un savant ; ses mains délicates et grasses témoignent qu’il ne savait pas tenir d’autre arme que la plume. Ce portrait, éclairé en pleine lumière, et dont le beau modelé apparait sous les plus délicates demi-teintes, rappelle au premier coup d'œil la manière de Jean Holbein. Quant aux accessoires, un peu
1. Le poëte Colocci (Opera Latina, p. 56) a fait allusion à cet embonpoint dans les vers suivants, qu’il adressa au pape Léon X, lorsque Phædra trouva la mort, en 1516, en tombant de son mulet, qui avait été effrayé par une voiture attelée de buffles :
Hesterno, Leo, luce cum perisset Orator gravis, et gravis poëta, Hæredem sibi fecit ex deunce Erasmum, Beroaldum ex triente, Ex semisse Juvencium ; Camillo Nepoti reliquum reliquit assis.
Is vero tumulum replevit unus, .Posteros monumenta ne sequantur.
Filippo Beroaldo fut le successeur de Phædra Inghirami comme garde de la bibliothèque du Vatican.
158 PEINTURES DE RAPHAEL plats et fortement glacés, ils semblent être de la main d’un des élèves du maitre.
Cet intéressant portrait, après avoir, pendant le premier Empire français, fait partie du musée Napoléon, est retourné , depuis 1815, au palais Pitti.
Gravures : Th. della Croce, in-folio. Côté opposé. — T. ver Cruys, in-folio, pour la Raccolta, etc. En contre-partie. — Cesare Ferreri inc., in-folio, avec de légères ombres. — Par Bardi, pour la Galerie Pülti. — Dans le Manuel du Musée
Français, c’est le n° 19 et non le ne 28, lequel représente le cardinal Bibiena.