‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 105 sur 214 · Dante, Purgatorio, canto xxvm, v · texte numérisé non relu

Dante, Purgatorio, canto xxvm, v

PSYCHÉ

rondeur et l’ampleur des traits n’enlèvent rien à leur délicatesse et à leur mobilité. Au fond de ce regard courroucé il y a quelque chose encore de langoureux, de ce to Oypov que les Grecs aimaient à voir dans les yeux de Vénus. La bouche est menaçante, mais on devine aisément combien le sourire en serait enchanteur. Quant aux cheveux , ils ne sont ni noués en tresses, comme dans les statues de la nouvelle école attique, ni retenus par le diadème de l’ancienne école; ils ont rejeté toute entrave, et découvrant le front ainsi que l’oreille droite, ils flottent librement autour du cou et jusque sur les épaules.

Derrière Vénus, Junon et Gérés cherchent à détourner de Psyché la haine qui la poursuit. Elles personnifient cet amour des dieux pour les mortels, poétique emblème du mutuel désir qui pousse la terre et le ciel à se rechercher et à s’unir.

Junon est assise à droite. De ses mains ouvertes et de ses bras tendus elle appuie les arguments qu’elle fait valoir en faveur de l’Amour. Le dessin du bras gauche est surtout remarquable. Une tunique bleue 1, qui ne dissimule rien des formes de la poitrine, passe pardessus les seins et couvre le corps de la déesse, sauf les bras, les pieds et le cou 2. La tête, vue de profil, n’a

\. Cette tunique légère a des reflets jaunes et verts. C’était ce vêtement qui portait le nom de Chiton. L’himation, qui entourait souvent et ceignait le milieu du corps de la déesse, manque dans la Junon de Raphaël.

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