‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 110 sur 214 · En., lib. I, v · texte numérisé non relu

En., lib. I, v

2. La main droite seule est visible, la main gauche et tout le bas du corps sont cachés par la figure de Jupiter. — Deux colombes volent à côté de Vénus, et lui servent de cortège.

La gloire du christianisme est d’avoir humanisé la philosophie et d’avoir mis la connaissance de Dieu à la portée de tous. Alcibiade demandait un jour à Socrate, qui allait au temple, quelle prière il allait adresser aux dieux. « A cet égard, répondit Socrate, il faut at- « tendre, c’est ce que nous avons de mieux à faire.

« Oui, il faut attendre que quelqu’un vienne nous en- « seigner la manière dont nous devons nous comporter (( avec les dieux. » Au moment où peignait Raphaël, Celui qu’attendait la sagesse antique était venu depuis quinze siècles déjà, et une intelligence aussi profondément chrétienne que celle du Sanzio ne pouvait en aucun cas se dérober à la lumière.

Mais si, dans cette figure de Vénus, Raphaël a cédé aux tendances de sa propre nature, il a montré, dans la figure de Jupiter, une grande force d’interprétation, et a réalisé un type que Y antiquité ne désavouerait pas. — Jupiter est assis sur l’aigle qui lui sert de messager1. Son corps majestueux se présente presque de face, tandis que sa tête, vue de profil, se tourne vers Aphrodite. Le manteau, tombant sur les reins et sur les cuisses, laisse le torse complètement nu. La jambe droite se perd en partie hors du champ de la fresque, et la jambe gauche se relève sur la tête de l’aigle2. Le bras droit tombe naturellement sur la cuisse, tandis que le bras gauche, ramené contre la

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