‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 111 sur 214 · Cet aigle pose sur les nuées · texte numérisé non relu

Cet aigle pose sur les nuées

2. Le pied gauche, complètement découvert, se présente de face.

PSYCHÉ

poitrine, soutient le foudre que porte la main gauche. La tête est pleine de mansuétude. C’est ainsi que Jupiter apparaît à Vénus au début de V Enéide :

Olli subridens hominum sator atque deorum

Vultu quo cœlum tempestatesque serenat,

Oscula libavit natæ . 1.

Le front est clair et radieux ; l’œil est largement ouvert ; les contours de la bouche et des joues témoignent d’une douceur qui n’exclut pas la majesté; la chevelure blanche retombe en boucles épaisses sur le cou, et la barbe abondante s’arrondit en spirales. La poitrine est large, pleine de noblesse et d’ampleur. La musculature des bras est vigoureuse, sans être excessive. Tout ici donne l’idée de la force, non de la force matérielle, mais d’une force plus irrésistible et plus haute. C’est un maître aussi miséricordieux que puissant, se reposant dans sa gloire, respirant la tranquillité, et toujours accessible à la prière des faibles. Une telle figure conviendrait-elle à un autre dieu que le dieu de la fable? Non, car elle représente l’image idéale de l’humanité divinisée, et l’homme, en sa présence, peut se regarder avec orgueil. C’est bien là le Jupiter Olympien, et non Y Ancien des jours de l’Écriture. Mais parmi les diverses émanations de cette antique divinité, quel type Raphaël a-t-il choisi? L’absence de courroux, d’agitation et de chaleur guerrière, exclut l’idée du Jupiter Vengeur, du dieu qui punit et

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