Virg., En., lib. I, v
châtie , dont la terrible image était une des gloires d’Olympie1. D’un autre côté, le dieu de la Farnésine est doué d’une virilité trop majestueuse pour être le Jupiter Milichios. Ce sera donc de préférence le Jupiter Tonnant Pacificateur, le modèle sublime dont Phidias avait fixé les traits extérieurs et fondu ensemble toutes les hautes qualités, que Raphaël aura voulu rappeler dans sa fresque.
Dès qu’on a prononcé le nom de Raffaellino del Colle à propos de la fresque précédente, je crois qu’on peut encore le répéter à propos de celle-ci. Toutefois le nom du Fattore ne serait pas non plus invraisemblable; le pinceau a été peut-être ici moins facile et plus lent, et les chairs se sont conservées moins blanches et moins fraîches. Il y a eu plus d’hésitation, plus de timidité dans l’exécution, par conséquent plus de reprises à sec et moins de solidité. — Cependant le torse de Jupiter est traité avec une simplicité grandiose qui demeure manifeste, quoique la plus grande partie des détails et des demi-teintes se soit depuis longtemps effacée. La tête du dieu, d’un beau dessin, est maintenant d’une couleur désagréable; les joues, trop rouges, forment une opposition pénible avec la blancheur absolue de la barbe et des cheveux. Il y avait là des transitions qui ne sont plus, et qui, en disparaissant, ont enlevé tout le charme de la couleur primitive. — La figure d’Aphrodite a plus souffert encore. Elle a, d’ailleurs, été re~
\ . Voir sur le Zeus Ilorkios, Pausanias, II, 24, 5.
PSYCHÉ
peinte en partie par Carie Maratte. De plus le restaurateur, avec ce bleu si heurté dont il a entouré toutes les figures, a touché l’épaule gauche de Vénus et l’a sensiblement abaissée. Certaines parties en clair-obscur, très-bien peintes à bon-fresque , se remarquent encore, il est vrai, dans le corps de la déesse; mais tout ce qui était lumière ne laisse plus que des taches blanches 4, qui font un contraste choquant avec les ombres trop rousses. C’est ainsi qu’une double destruction, s’opérant en sens contraire, a détruit l’équilibre de ces peintures. Heureusement le dessin, c’està-dire la pensée, reste, et cette pensée a triomphé des injures du temps aussi bien que des défaillances de l’exécution1 2.
1 . Ces taches blanches se voient surtout sur la joue droite de la déesse, de même que sur le sein, l’épaule, le bras et la cuisse. Au contraire, la partie de la tête qui n’est pas dans la lumière est devenue trop rouge.
2. Cette fresque a été gravée, comme la précédente, par Cherubino Alberti.