‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 116 sur 214 · C’est-à-dire à la gauche du spectateur · texte numérisé non relu

C’est-à-dire à la gauche du spectateur

pied gauche est d’une vérité parfaite. — Quant aux enfants qui accompagnent Psyché, ils sont d’une exécution ravissante, et certaines parties, traitées en clairobscur, sont des modèles de peinture à fresque1.

Mais ce qu’il importe surtout de comprendre dans une telle composition, c’est la grandeur morale qui s'y trouve. Or, dès qu’on se place à ce point de vue, on aperçoit clairement que le Sanzio a voulu quelque chose déplus élevé que les doctrines orphiques cachées sous la Fable. On peut nommer certains artistes qui, ayant consacré toute leur vie à la religion et n’ayant peint jamais que des christs, des madones, des anges, des saints et des saintes, n’ont cessé cependant d’être païens. L’Urbinate, au contraire, est toujours resté chrétien par le sentiment, même quand il s’est abandonné au courant de son siècle, même quand il a subi les entraînements du paganisme. Une idée noble domine sans cesse en lui le respect de la nature et le culte de la beauté. Dieu est partout dans les œuvres de Raphaël. La grâce du Sanzio est celle qui règne dans le ciel au sein de l’harmonie, et non celle qui sévit sur la terre au milieu du chaos — « L’âme légère s’en- « vole comme un songe, » dit à Ulysse l’ombre de sa mère Anticlée2. Et en effet, pour l’antiquité païenne, après la mort il n’y avait que des songes. Rien de

1. Telle est notamment la tête du petit Cupidon, en partie cachée sous le bras gauche de Psyché.

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