‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 123 sur 214 · Homère, II. ^ ch. xm, v · texte numérisé non relu

Homère, II. ^ ch. xm, v

2. Cette belle statue est du bon temps de l’art grec; elle resta longtemps au palais Verospi, et est connue encore sous le nom de Jupiter Verospi. Des médailles et des gemmes montrent également Jupiter respirant un calme olympien, et trônant comme le roi des dieux et des hommes. (Voir une médaille de la reine Christine, pl. lvi, I; le Jupiter Victor , médaille d’argent de Vitellius; le Jupiter du musée Florentin, I, lxxvi, 1. 1; le Jupiter Aétophore , au cabinet des médailles à Paris.)

3. Dans un camée célèbre, gravé par Morghen, et décrit par Visconti, sous le nom de Capo di Giove Egioco. (Voir aussi les Religions de V antiquité. Creuzer, t. IV. sec. part., p. J 29, et pl. lxxi, 264.)

midie1, je le trouve sévère et le front chargé de graves pensées. Il est terrible dans la pierre merveilleuse gravée par Athénion 2. Peut-être la médaille d’or d’Alexandre Ier, roi d’Épire, donnerait-elle un type plus voisin de l’idéal que je me fais d’un dieu qui a revêtu notre humanité. Mais nulle part je ne vois une image qui fasse vibrer en moi des sensations analogues à celles que j’éprouve devant la fresque de la Farnésine. Est-ce à dire que je prétende placer les chefs-d’œuvres de l’antiquité au-dessous des conceptions de Raphaël? Loin de moi une semblable pensée. Je confesse, au contraire, que les plus parfaits des dessins ou des tableaux du Sanzio sont loin d’atteindre l’irréprochable beauté des grands antiques. Seulement, l’Urbinate s’est fait l’interprète d’idées qui sont les nôtres, et c’est toujours à titre de peintre chrétien qu’il me plaît et me touche, même quand il s’inspire du paganisme.

L’antiquité a fait des rêves sublimes, mais elle n’a pu s’y tenir longtemps; elle n’a pu surtout les rendre populaires, sans les matérialiser d’une façon grossière. Platon était réduit à dire : « Trouver le « père et l’ouvrier de l’univers est chose difficile, et il u est impossible de le faire connaître au peuple 3... » Et ce grand esprit n’osait parler de Dieu qu’en énigmes, dans la crainte de se faire bafouer et persécu-

Page 1