‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 125 sur 214 · MERCURE CONDUIT PSYCHÉ DANS L’OLYMPE · texte numérisé non relu

MERCURE CONDUIT PSYCHÉ DANS L’OLYMPE

Psyché, après avoir payé du prix de ses souffrances un moment de curiosité fatale, obtient enfin miséricorde. La pauvre âme déchue, longtemps errante, poursuivie par les dieux à travers les douleurs de la vie, parvient enfin à une félicité plus haute que celle qu’elle avait perdue, à un bonheur si grand, qu’il efface de son ombre tous ceux qui sont possibles ici-bas. Mercure la conduit au ciel, au sein de l’éternel Amour... Une pareille fable, en montrant, dans la condition humaine, un état de châtiment , heureusement transformé en de saintes épreuves qui conduisent l’âme à la rédemption, n’était-elle pas comme une figure anticipée de la vérité chrétienne? L’homme n’est tombé de sa dignité première que pour remonter au ciel. Psyché n’a perdu le bonheur qu’elle goûtait sur la terre dans les bras d’Éros, que pour se retrouver dans l’Olympe, en compagnie de son immortel amant. Ses larmes ont été réparatrices et glorieuses, et ses combats ont abouti à

PSYCHÉ

la victoire. « Nés de la chair d’Adam, nous pouvons re- « naître de l’esprit de Dieu1. »

Psyché, légèrement inclinée en avant, s’abandonne avec aisance, en s’appuyant sur le bras de Mercure. Le corps se porte vers la droite, tandis que la tête se tourne vers la gauche et se montre de face. Le visage brille d’une joie immense. Les traits, d’une grande pureté de lignes, expriment une tendresse divine, un amour épuré, mais non pas encore peut-être entièrement spiritualisé. Les yeux se lèvent naturellement, et regardent au ciel, comme, après une longue absence, le voyageur regarde la terre où il est né. Les cheveux, attachés par un nœud au sommet de la tête, circulent en ondes épaisses de chaque côté du front et des joues. Le mouvement du cou est d’une exquise délicatesse. Les mains sont croisées sur la poitrine; et dans ce geste, si fervent et si chaste, l’âme semble se livrer tout entière. L’épaule droite et la gorge sont nues, le vent ayant dénoué le manteau qui flotte à la gauche de Psyché2. Une tunique, souple et légère, enveloppe le bas du corps, mais en dessine les formes, et découvre complètement la jambe gauche. Cette figure, d’une beauté presque religieuse, est comme soulevée par son aspiration vers une vie morale plus intense, plus pure, plus élevée; elle monte au ciel comme un acte de foi, d’espérance et d’amour. Un

Jean, c. m.

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