‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 127 sur 214 · Muséo Pio-Clementino · texte numérisé non relu

Muséo Pio-Clementino

PSYCHÉ

tête coiffée du pétase, tenant le caducée de la main gauche, et portant de la main droite une petite Psyché aux ailes de phalène. C’est encore ainsi qu’il est sur une pierre gravée, enlevant une âme aux enfers1. Tel enfin il apparaît, sur le tombeau des Nasons2, conduisant l’ombre d’une jeune fille aux îles bienheureuses, où il la présente à Saturne et à Rhéa. — Toutefois le dessin de Raphaël n’a aucune analogie avec les monuments que je viens de citer. Ceux-ci, en effet, pouvaient exercer une influence morale sur l’imagination des anciens initiés, mais ils ne nous offrent plus qu’un intérêt d’érudition, car leur valeur esthétique est assez secondaire. En regard de ces bas-reliefs et de ces pierres gravées, qui sont maintenant pour nous lettre morte, la conception du Sanzio est vivante et pleine d’émotion. En représentant Psyché, prête à revêtir la nature des dieux, Raphaël a recueilli l’étincelle de vérité cachée sous la fable, il a pris dans le paganisme les figures les mieux appropriées à cette vérité, et il les a transformées à l’aide d’un art plus clair et plus humain que l’art antique, plus propre surtout à parler au cœur la langue des grandes idées morales. Ce tableau nous offre l’image d’une force que nous avons tous dans l’esprit et dans le cœur, et qui nous pousse à monter plus haut que nous ne sommes. En présence de cette figure, déjà rayonnante de gloire, on sent croître les ailes de son

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