‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 128 sur 214 · Bcllori, Sepolcr. de N as oui, vin · texte numérisé non relu

Bcllori, Sepolcr. de N as oui, vin

âme, comme dit Platon; on s’élève au-dessus de tout ce qui n’est pas pur, on s’approche de ce qui est immortel.

Cette fresque est d’une exécution moins prompte que la précédente, et cependant elle semble être encore de la même main1. Les mêmes procédés, les mêmes couleurs, les mêmes ombres s’y font sentir : seulement, l’expression plus délicate des figures a rencontré une traduction plus timide. Les deux têtes ont énormément perdu : elles sont maintenant beaucoup trop vives de couleur, et les traits, par suite de l’absence des demi -teintes2, flottent dans une indécision fâcheuse. D’autres parties sont parfaitement conservées. Telles sont surtout les draperies. Tel est aussi le corps de Mercure, bien que l’épaule et le bras droits accusent des exagérations musculaires qu’il faut sans doute attribuer à la disparition des tempere qui ménageaient des transitions indispensables. Toutefois, si l’on compare cette figure d’Hermès à celle qui remplit la sixième fresque, on trouve des dissemblances qui forcent à chercher des noms différents, pour mettre à côté du nom de Raphaël, au bas de chacune de ces peintures. Ici on sent le tâtonnement, la recherche ; il semble, par certains détails minutieusement étudiés, qu’on ait voulu s’approcher davantage de la nature, mais sans grand esprit d’interprétation. Là, au contraire, on voit un

1. Le dessin de Raphaël a passé de la collection royale de La Haye, dans celle de Weimar.

2. Ces demi-teintes, mises à sec, ont depuis longtemps disparu.

PSYCHÉ

artiste en possession de lui-même, n’exprimant que ce qui est nécessaire, et avec cette sûreté de main qui n’appartient qu’aux maîtres. Le Mercure descendant de l’Olympe pour publier les ordres de Jupiter est peint par Jules Romain, il n’y a pas de doute à cet égard; mais il me paraît presque aussi certain que le Mercure remontant dans l’Olympe en compagnie de Psyché est l’œuvre d’une autre main. Si le Pippi avait peint ces deux fresques, non-seulement il se serait montré, dans la seconde, fort au-dessous de lui-même, mais il aurait en outre changé complètement sa manière. Il est probable que Raffaellino del Colle a travaillé encore à cette dernière peinture. Dans cette hypothèse, cet habile artiste devrait être nommé devant les quatrième, cinquième, huitième, neuvième et dixième tableaux; et comme Jules Romain se reconnaît dans les troisième, sixième et septième pendentifs, il en résulterait que le Fattore n’aurait peint que les deux premières fresques. Du reste, je le répète, cela importe peu : c’est Raphaël qu’il faut voir dans toute cette œuvre, c’est son esprit surtout qu’il faut chercher sous des dehors souvent insuffisants, et sous les altérations que le temps a accumulées dans la villa d’Aueaistin Chiffi.

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