‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 132 sur 214 · Zeuç ■7veXa,"fatoç OU rcsXcqto · texte numérisé non relu

Zeuç ■7veXa,"fatoç OU rcsXcqto

tous les éléments de la vie, de la mort et de l’immortalité 1.

Neptune tient de ses deux mains le trident, symbole de sa puissance. Sa forte poitrine, vue presque de face, incline légèrement à droite, du côté de Jupiter; tandis que, par un mouvement inverse, sa tête, de structure presque carrée2, se retourne à gauche, vers Aphrodite. De ses yeux ardents il couvre le visage de la déesse, et ce regard terrible rend plus doux encore le regard de Vénus. Le visage du dieu est sévère et menaçant : le front, large et bas, a moins de noblesse que celui du maître du ciel ; la bouche est comme perdue au milieu de la barbe, et les cheveux en désordre donnent à la physionomie quelque chose d’âpre et de presque sauvage 3 4. Cette image , conforme au type créé par Lysippe et par Praxitèle dans leurs colosses , répond bien aux idées d’étendue, de largeur et de vastitude, comprises dans le nom même de Poséidon V Voilà

1. Le président de Brosses dit en parlant des trois figures de Jupiter, de Neptune et de Pluton dans le Conseil des dieux : « Quel « esprit dans la manière de rendre la physionomie de ces trois frères, « Jupiter, Neptune et Pluton, qui n’ont pas un trait l’un de l’autre, « et se ressemblent comme deux gouttes d’eau! » (De Brosses, t. TI, p. 204.)

2. Souvent Poséidon (n&c.êtS'uv) fut assimilé au taureau et en prit le nom, Taûpetç OU Taùpcç.

3. Tout le bas du corps disparaît derrière les figures de Jupiter et de Cupidon.

4. Poséidon ( ttcxte-.&üv ) , selon Creuzer, serait un mot d’origine punique, qui signifie le large , V étendue, le vaste. Le dieu lui-

PSYCHÉ

bien la divinité obscure (6 (/.eXavQoç) et mugissante (j/.7)X7]T7iç) qui ébranlait la terre et présidait aux tempêtes. C’est ainsi que ce dieu redoutable se montra à Corinthe dans la grande époque de l’art 4, avec une musculature plus forte et plus accentuée que celle de Jupiter, avec moins de lumière et de tranquillité dans les traits, tel enfin qu’on le voit encore sur les belles médailles béotiennes2.

Pluton, dont le corps disparaît en partie derrière l’Amour, est assis à côté de Neptune et tient une fourche en guise de sceptre. Ce n’est pas l’ampleur et le nombre de ses vêtements, comme dans la statue du musée Pio-Clemenlino 3, qui le font ici reconnaître,

même aurait la même origine. — O. Müller, Schwenck et surtout Vôlcker ont combattu ce système et plaidé en faveur de l’origine grecque de Poséidon (noasiSuv), dérivant, selon eux, de irovreç qui désigne la mer. — Hérodote dit que ce furent les Libyens qui, les premiers, adorèrent Poséidon, et que les Grecs le leur prirent pour l’introduire ensuite dans le système des dieux de la Crète, où il devint un frère de Jupiter. — Au milieu de ces opinions contradictoires, M. Guigniaut pense que Neptune, comme Jupiter, Junon, Minerve, est une divinité d’origine essentiellement pélasgique, et que plus tard il emprunta à des divinités étrangères les attributs qui obscurcirent sa physionomie primitive.

1 . Les temples les plus célèbres de Poséidon étaient au Ténare, à Trézène, à Hélice, sur le promontoire de Sunium, dans l’isthme de Corinthe, où se célébraient en son honneur les jeux Isthmiques. Les Corinthiens, à l’imitation des Athéniens qui prétendaient que les dieux s’étaient disputé l’Attique, disaient que le Soleil et Neptune, ayant lutté pour la possession de leur isthme, prirent pour juge 13riarée, qui adjugea l’isthme à Neptune, et le promontoire, qui commande la ville, au Soleil.

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