Gomme dans le bas-relief du musée Pio-Clementino, V
ment. Entre cette figure et quelques-unes des plus célèbres que nous ait laissées l’art grec ou romain, il est facile de reconnaître des analogies. Rappelonsnous d’abord le Bacchus du Louvre, qui, par la noblesse et la grâce de sa pose, par l’expression tendre et mélancolique du regard, représente une des conceptions les plus parfaites du dieu ; puis le groupe du musée Bourbon, où Dionysos s’appuie sur Éros. Tel encore on le voit, au musée Pio-Clementino, dans les pompes dionysiaques , et notamment dans les basreliefs célèbres du sarcophage Casali, qui montrent Bacchus assis à côté d’Ariadne. Il est également impossible d’oublier la tête de la médaille d’Andros, où Bacchus apparaît avec une beauté voisine de celle d’Apollon1. Il importe enfin de regarder la charmante composition dans laquelle le jeune dieu prodigue ses caresses à l’une des nymphes qui l’ont élevé2. Le génie du Sanzio s’est donc rencontré ici avec le génie de l’antiquité, à ce point qu’il suffit presque de transcrire les expressions mêmes de Vinckelmann , alors qu’il parle du Dionysos antique, pour donner une juste idée du Bacchus du Conseil des dieux : « La « figure de cette divinité est celle d’un beau jeune « homme qui, dans l’âge heureux de l’adolescence,
1. Landon, Numismatique d’ Anacharsis , II, pi. lxxii. — Dans certaines statues antiques, Bacchus offre également beaucoup de ressemblance avec Apollon, ce qui a donné lieu quelquefois à des confusions.