Junon avait été la constante ennemie d'IIercule
2. L’Hercule Farnèse, trouvé 4 Rome dans les thermes do Caracalla, et actuellement à Naples, au musée Bourbon, est l’œuvre de Glvcon. Le beau type de cette statue reparaît sur beaucoup de médailles.
PSYCHÉ
n’est plus que l’enveloppe idéale d’une pure intelligence. Voilà ce que Raphaël comprit dans le marbre grec, et ce qu’il s’appliqua à reproduire, en restituant à cette magnifique image son intégrité primitive. — En effet, si, d’un côté, l’on regarde le fragment antique, on voit que le personnage était assis, que tout le poids du corps reposait sur la main droite, laquelle devait dès lors avoir un point d’appui considérable, et que la tête s’appuyait sans doute sur la main gauche. C’est précisément la pose de l’Hercule du Conseil des dieux. Si, d’un autre côté, on enlève par la pensée à la figure du Sanzio ce qui manque à la statue du Vatican, on reconnaîtra, dans le torse de la Farnésine, une belle interprétation du torse du Belvédère. Raphaël a donc suivi la donnée de l’antiquité, en s’appliquant à réparer les injures du temps. Les jambes sont croisées, la jambe droite sur la jambe gauche 1. De même les bras sont ramenés l’un sur l’autre; mais, par une heureuse opposition, c’est le bras gauche qui pose sur le bras droit, et la massue du dieu sert de point d’appui à la main droite, qui supporte tout le poids de la tête et du torse. .Tout cela constitue un équilibre parfaitement stable. Quant à la tête, elle repose sur la main gauche, et rappelle , par ses nobles aspects, le héros dorien divinisé, que la plastique des anciens avait
1. En cela, la figure de Raphaël diffère de ce que devait être la statue du Belvédère.
adopté comme l’objet de ses créations les plus riches et les plus variées. Les cheveux courts disparaissent en partie sous une couronne de pampre cpii ombrage le sommet du front; le front, tout en conservant sa plénitude charnue, a pris plus de développement qu’on n’en voit en général dans les têtes antiques 1 ; les yeux ont conservé ce caractère de force et d’énergie que le fils d’Alcmène ne perdit jamais, même au milieu des chagrins qui gonflaient son cœur2; la barbe est épaisse; l’expression générale est grave et sérieuse, et la tête du lion de Némée, jetée sur l’épaule gauche, ajoute à cette expression quelque chose de redoutable. Le cou, les épaules, les bras, la poitrine et les cuisses témoignent d’une vigueur surhumaine, mais ne trahissent pas de pénibles travaux; ils n’accusent pas davantage la prostration qui suit la lutte; ils témoignent du repos heureux et du calme immortel. Enlevons à cette figure ce que l’âpre pinceau de Jules Romain lui a donné de trop énergique et de trop heurté, restituons -lui. ce que le temps lui a ravi, et nous aurons l’Hercule rajeuni des apothéoses antiques, le héros du soleil, le dieu au regard éclatant, qui, après avoir purifié dans les flammes de l’Etna les souillures accidentelles de sa vie, a été admis dans la sphère de la lumière et du feu suprême.
R Dans la fresque de Raphaël, la tête d’Hercule est plus forte, relativement au corps, qu’elle ne l’est, en général dans les statues antiques.