Hephœstos , nom grec de Vulcain
4. L 'exornis était le chiton des ouvriers; c’était une sorte de chemise en laine, attachée par une ceinture autour du corps, dégageant complètement les bras, et permettant surtout une grande liberté à l’épaule et au bras droits.
5. Vulcain avait reçu ce bonnet conique dans l’île de Lemnos. Suivant Philostrate, la terre de cette île, consacrée par la chute du dieu, avait de rares vertus curatives. — Parmi les monuments où se trouve l’image de Vulcain, il faut citer : la pierre gravée reproduite
là le dieu du feu, c’est Vulcain réhabilité, dans sa force, dans sa puissance et dans la beauté qui convient à un dieu. Sa poitrine est enveloppée d’un vêtement qui s’ouvre sur le devant, et la main gauche tient une barre de fer qui s’appuie sur l’épaule. La tête, vue de profil, est superbe; les traits sont à la fois réguliers et énergiques. Les cheveux disparaissent sous un bonnet drapé d’une manière pittoresque; la bouche se dessine avec une remarquable fermeté sous la barbe qui couvre le menton, les lèvres et une partie de la joue1; la ligne du nez, sans être droite, n’a rien de cassé, et s’accorde parfaitement avec le front élevé, où brille l’intelligence; l’œil enfin est plein d’éclat, et montre clairement, dans cette figure, une des divinités qui lançaient la foudre2. C’est ainsi que dans l’ouvrier vigoureux et habile on reconnaît l’être puissant et créateur que l’Attique honorait à l’égal de Minerve.
Janus vient ensuite sous la forme d’un personnage à double visage. C’est à la fois un robuste vieillard
dans Millin, xlviii, sur laquelle on voit Vulcain portant de ses deux mains un lourd marteau ; — la statuette de bronze du musée royal de Berlin, tenant de la main gauche des tenailles et de la main droite un marteau; — le Vulcain des médailles de Commode (Creuzer. p. 546 cxli) ; — le bas-relief du Capitole, où Vulcain travaille au bouclier d’Achille; — le bas-relief du Louvre, qui montre Vulcain modelant Pandore; — Vulcain travaillant au bouclier d’Athéné. (Millin, PL <jr., 49.)
1. La plupart des représentations anciennes montrent Vulcain barbu et dans toute la force de l’âge. On le voit cependant imberbe sur les monnaies de Lemnos.
2. Selon la version étrusque, Vulcain était une des douze divinités qui disposaient de la foudre.
et un adolescent : le premier, regardant à droite, assiste en esprit au Conseil des dieux; le second, tourné en sens opposé, est attentif aux signes qu’il fait, avec l’index de sa main gauche, sur l’instrument augurai1 qu’il tient de la main droite. Le double visage est le symbole de la connaissance du passé et de la science de l’avenir. Janus est à la fois le pater mcitutinus qui préside au commencement de toutes choses, et la jeune espérance qui pénètre l’âme à l’aurore d’un beau jour. Sa face austère atteste l’éternité de son âge, et montre qu’il est aussi ancien que le plus ancien des dieux2; sa riante figure lit déjà, sur le cercle magique, l’arrêt qui va être rendu en faveur de Psyché. L’image du dieu est parfaitement noble dans sa bizarrerie. Les deux faces opposées, loin de se heurter, de se nuire et de produire un contraste choquant, présentent d’heureuses oppositions, qui font valoir davantage leur beauté respective. Les traits du vieillard, par leur ferme et énergique accentuation, ajoutent quelque chose à la grâce juvénile de l’adolescent. Les deux chevelures se touchent sans se confondre, formant comme deux cadres adossés l’un à l’autre et tous deux en rapport avec l’idée
1. Janus présidait aux augures. L’instrument augura! était le liluus , avec lequel les augures traçaient dans le ciel des divisions idéales qui les aidaient à lire dans l’avenir. Je ne sais si Raphaël a trouvé sur quelques monuments la forme de l’instrument qu’il a mis ici entre les mains de Janus. Mais ordinairement le liluus était un bâton recourbé en spirale à l’une de ses extrémités, et assez semblable à la crosse épiscopale, à laquelle on suppose qu’il a servi de modèle. (Voir l’augure de la médaille de Marc-Aurèle.)
2. Suivant Ovide, Janus était au commencement de toutes choses.
qu’ils accompagnent : d’un côté, une barbe et des cheveux blancs, épais et courts ; de l’autre, de longues boucles blondes, descendant le long des joues et jusque sur les épaules. Quant au corps mystérieux de cette divinité 1 , il est enveloppé d’une ample draperie, et la partie inférieure disparaît au milieu des nuages... C’est une connaissance profonde de l’art de composer et de réunir entre elles toutes les parties d’un vaste ensemble par des liens à la fois pittoresques et rationnels, qui a guidé Raphaël dans le choix et le dessin de cette figure. Elle est placée là comme un de ces doubles Hermès grecs, dont les Latins empruntèrent l’image pour arriver à la représentation figurée de leur dieu Janus2. C’est une sorte de dieu Terme3 à deux faces, marquant les limites où s’arrête l’assemblée des dieux, et reliant en même temps cette assemblée au groupe complémentaire de Mercure et Psyché.
'1. Les mythologies sont loin d’être d’accord sur les attributions de cette divinité latine. Pour les anciens Latins, c’était un génie bienfaisant qui veillait à la prospérité des familles et défendait des esprits malfaisants... Suivant Servius, son double visage désigne le commencement et la fin du jour; suivant d’autres, il symbolise la connaissance du passé et de l’avenir. Janus était à Rome l’objet d’un culte particulier; on lui consacrait le premier mois de l’année. Son premier temple lui avait été élevé par Numa.
2. Le personnage de Janus est en effet imité des Hermès grecs, et l’on voit des figures semblables sur nombre de monnaies des villes helléniques. En général, dans le culte des religions particulières aux peuples latins, on ne trouve qu’un très-petit nombre de représentations figurées qui soient réellement originaires d’Italie; presque toujours ces représentations sont empruntées à une forme de l’art grec. (O. Muller.)