Pindare
bien là le florissant Bacchus, dans lequel se développe la sève de cette vie naturelle qui ravit l’âme humaine sans en anéantir les aspirations. Malgré sa démarche un peu pesante, quelque chose d’imposant et de grandiose révèle en lui le fils de la foudre, le dieu à la puissance duquel rien ne résiste 1.
Dionysos paraît donc ici à la place et dans la position qui lui conviennent le mieux. Sa présence à côté de Psyché rappelle le rôle important qui lui était attribué dans la doctrine mystérieuse de la migration des âmes 2. Bacchus était considéré comme le souverain du monde sensible et comme le guide des âmes qu’il conduisait dans les corps et qu’il en ramenait. Principe de toute existence particulière, il tenait la coupe de partition, d’où les âmes découlaient sans pouvoir se soustraire à la naissance3. Les âmes, dans leur soif d’une vie spéciale, abandonnaient ainsi leur céleste patrie, et s’en allaient chercher sur la terre des destinées nouvelles. Là, elles se trouvaient sous l’empire varié de Dionysos, esprit de création matérielle, souffle qui anime la nature terrestre, et dès qu'elles avaient bu à la coupe de Liber, enivrées aussitôt, éprises de la matière , elles perdaient la conscience de leur dignité première. Cependant les plus nobles
U Le dessin de cette figure de Bacchus est à la bibliothèque Ambroisienne, à Milan.
2. Le dogme de la migration des âmes et de leur destinée était une des parties essentielles de l’enseignement secret des mystères de l’Attique et spécialement des Lénées.