Homère, Iliade, ch. î, v
ture dans une composition dont les moindres détails proclament le culte du beau. Nous retrouvons donc ici le dieu du fer dans son immobilité grandiose. Il est vêtu de Yexomis des ouvriers, tenant de la main droite une barre de fer , tandis que le bras gauche disparaît derrière Hercule. Sa tête, coiffée du bonnet des travailleurs, se retourne vers la droite ; ses cheveux et sa barbe sont épais et courts; ses yeux, sombres et ardents , sont fixés sur Aphrodite; ses sourcils froncés rident la surface de son front; sa bouche est contractée par une passion que domine une volonté supérieure; tous ses traits enfin se réunissent pour faire de sa figure un type accentué de mâle énergie. Le nuage qui porte Hercule et Ilébé, en cachant les membres inférieurs du dieu, dissimule son infirmité.
Devant ce nuage, un petit Amour soutient de ses deux mains sur son épaule un carquois vide ; il marche la tête baissée et le front ceint du bandeau qui couvre ordinairement ses yeux , exprimant ainsi qu'en ce jour d’allégresse il ne veut frapper personne.
Aphrodite vient ensuite, commandant les chœurs de chants et de danses qui célèbrent la venue de Psyché dans l’Olympe. Ce n’est plus l’implacable ennemie de Psyché, c’est Vénus désarmée, c’est la déesse de la grâce et de la beauté 4, Vénus au doux sourire 2 qui dé-
\ . Homère, Hymne , Vf.
2. naofA(j.a&7k t’ AcppcAiTYi. (Homère, Iliade , ch. xx, y. 40.)
PSYCHÉ
ploie, en signe de réconciliation , ses charmes infinis. C’est ainsi qu’elle parut pour la première fois dans l’Olympe, quand les Heures eurent couronné sa tête de fleurs odorantes et paré son corps divin de vêtements élégants. Drapée dans une longue tunique attachée au-dessous du sein et retenue au dessus des genoux l, elle exécute une de ces danses idéales que rappellent certaines statues antiques. Les pieds posent à peine sur les nuages; la jambe droite, entièrement nue, se porte en avant, tandis que la jambe gauche, cachée parla draperie2, est ramenée en arrière. Le mouvement combiné des deux bras est en outre parfaitement expressif, et suffirait à lui seul pour démontrer l’action de toute la figure. La main droite soutient les plis du vêtement à la hauteur des hanches, et la main gauche soulève doucement au dessus de l’épaule la ceinture détachée du corps. « Aussitôt elle « détache de son sein une riche ceinture ornée de « broderie : là se trouvent tous les charmes séduc- « teurs, là sont l’amour, le désir, les doux entretiens et « les discours flatteurs qui trompent même l’âme pru- « dente des sages3. » La tête de la déesse est légèrement penchée sur l’épaule droite, et ses traits ont une grande douceur. Des roses immortelles se mêlent à la
Cette tunique passe par-dessus l’épaule gauche, découvre complètement le sein droit, et s’arrondit en forme de voile derrière le dos.
2. Cette draperie ne laisse voir que le pied gauche depuis la cheville.