‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 167 sur 214 · Homère, Iliade , ch. xiv, v · texte numérisé non relu

Homère, Iliade , ch. xiv, v

chevelure, qui s’arrondit en bandeaux de chaque côté du front et des tempes. La grâce la plus attrayante est l’attribut de cette figure, qu’on pourrait avec justesse comparer à la rose qui paraît à la suite d’une belle aurore et qui fleurit au lever du soleil1. « La rose, « ce doux parfum qui s’exhale de la bouche immor- « telle des dieux, charme les humains, embellit les « grâces dans la saison fleurie des amours2. » C’est bien là la fille du ciel, que les Jeux et les Ris accompagnaient sans cesse, sous les pas de laquelle naissait la fraîcheur du printemps, et dont la présence faisait le bonheur des hommes et des dieux. L’Aphrodite de Praxitèle devait être ainsi, non pour la pose sans doute , mais pour le charme et le mol entraînement3. Vénus, qui peut revêtir toutes les formes de la beauté, se montre ici sous les dehors d’une jeune fille prête à devenir femme. Son sein n’est pas encore complètement épanoui ; et ses membres, qui n’ont pas atteint leur entier développement, s’abandonnent avec une volupté qui s’ignore à l’enivrement de la danse. Le regard est rempli de séductions et exprime la confiance. Le sourire est complaisant sans bassesse. Nulle part l’élégance qui réside dans le maintien, dans les attitudes, dans le mouvement du

'I. Winckelmann emploie une comparaison semblable en parlant de la Vénus de Médicis. (Winck., Hist. de l’art chez les anciens , t. I, p. 397.)

Page 1