‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 168 sur 214 · Anacréon, Éloge de la rose · texte numérisé non relu

Anacréon, Éloge de la rose

3. La Vénus de Praxitèle, à Cos, était drapée. (Pline, liv. XXXVI,

PSYCHÉ

corps et jusque dans le jet des draperies, n’est portée plus haut. Je cherche vainement dans l’antiquité quelque chose d’identique. Je trouve bien, dans le cycle de Bacchus et ailleurs encore, des figures de danseuses ; mais si elles rendent avec une verve sans égale le délire des sens; si le rhythme qui les entraîne est plus enivrant, nulle part je ne vois au même degré la mesure et la retenue qui me ravissent dans la Vénus des Noces de Psyché l. « C’est elle, dit l’hymne homérique, « qui fait éclore les tendres désirs dans le sein des « dieux, qui soumet à ses lois les mortels, les oiseaux, <( légers habitants de l’air, tous les monstres, et ceux « du continent et ceux des mers; c’est elle, douce Vé- « nus couronnée de fleurs, c’est elle qui courbe sous « ses travaux tout ce qui respire. »

Dans Homère, les banquets des dieux, comme les repas des hommes, sont entrecoupés de musique, et Apollon est le chantre de l’Olympe2. « ...Toi-même, « avec ta lyre, tu parus à ces festins. » Ainsi dans f Iliade parle Junon, qui rappelle à Apollon les noces de Thétis et de Pélée3. De même ici, à côté d’Aphrodite, Apollon chante en s’accompagnant de la lyre. 11

1. Voir, parmi les plus belles figures de danseuses antiques, la nymphe du cratère Borghèse au musée du Louvre. — On comparera également avec intérêt la tète de la Vénus de Raphaël aux tètes antiques des statues de Flore ( Mus. Capitol III, 45] et de Pomone (de Clarac, pl. ccccxli, n° 804). Ces têtes sont également couronnées de fleurs.

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