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La plus grande poésie rayonne dans cet enfant

PSYCHÉ

On voit encore, malgré les altérations et les restaurations qu’ils ont subies, que presque tous ont été entièrement peints et achevés à bon-fresque. Ces gracieuses figures n’avant qu’une importance secondaire à côté des fresques de Psyché, les élèves, chargés d’un fardeau moins lourd, l’ont porté avec plus d’indépendance, leur verve et leurs qualités personnelles ont pu se montrer tout en pénétrant d’une façon plus intime la pensée du maître. Ces allégories sont comme de délicieuses modulations qui accompagnent avec des variétés infinies le motif principal. Comme tous ces Amours triomphants n’étaient que des émanations de l’Amour par excellence, qui, après avoir retrempé l’Ame par le sacrifice, s’unit à elle au sein de l’infini, leur valeur pittoresque devait presque s’effacer devant la perfection des figures principales, et ils durent être peints d’une manière plus libre, je dirai presque plus lâchée. On put donc les mener à fin sur l’enduit frais, sans qu’il fût besoin de les reprendre par des retouches à sec. Or, c’est cette dernière et exquise suavité que le maître avait à loisir imprimée à chacun des tableaux de Psyché, c’est ce travail a tempera que le temps a détruit dans les fresques principales. Il faut le redire encore, ce que nous voyons aujourd’hui dans maints endroits de ces fresques, ce ne sont plus que les dessous, la préparation, la charpente d’une belle peinture. Au contraire les Amours qui portent les attributs des dieux, n’ayant presque rien perdu, nous semblent maintenant plus soigneusement peints

que les grandes figures des pendentifs. De sorte que l’équilibre de ce magnifique ensemble se trouve aujourd’hui non-seulement rompu, mais presque renversé.

Tl m’a paru, d’après des observations attentives et bien des fois répétées, qu’on pouvait, avec quelque vraisemblance, attribuer les tableaux des six premières lunettes à l’artiste qui peignit les premières fresques des pendentifs, c’est-à-dire au Fattore ; que Jules Romain se retrouvait dans les Amours portant les attributs de Bacchus et de Pan1 ; et que dans les autres2 on reconnaissait Raffaellino del Colle, qui aurait pris une si grande part à l’exécution des fresques de Psyché. A cet égard , du reste, je suis loin de rien affirmer, et si je hasarde une opinion, je ne le fais que sous toute réserve. Il est possible d’ailleurs que d autres artistes encore aient travaillé à la Farnésine sous la direction de Raphaël. On a cité entre autres le Milanais Gaudenzio Ferrari3, et certains effets de lumière et de clair-obscur donneraient peut-être raison à cette conjecture.

Mais quels que soient les noms qu’on veuille mettre en avant, il ne les faut encore ici prononcer qu’après Raphaël, car tous ces beaux enfants appartiennent bien réellement au maître , et font partie de cette fa-

VIII et IX. Ces deux tableaux entourent le Mercure descendant du ciel, qui est incontestablement du Pippi.

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