Fornaro, boulanger
2. Divers projets de sonnets écrits sur des études relatives à la
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ainsi que la renommée de Périclès a porté sur ses ailes, à travers les siècles, la beauté d’Aspasie, et que le. nom de Phryné est venu jusqu’à nous en compagnie du nom de Praxitèle.
Raphaël fut de son temps ; mais il le domina et fut, comme artiste, supérieur aux égarements de ses contemporains. S’il aima, il n’abusa pas de l’amour. S il s’inspira souvent d’un modèle chéri, ce fut pour n en montrer que les perfections, ce fut pouf le transporter dans les hauteurs où l’humanité s’efface. Jamais la forme ne lui fit oublier l’art, jamais il n’exalta la ma-
Dispute du Saint-Sacrement et conservés dans les collections de Vienne, d’Oxford, de Londres et de Montpellier, indiqueraient que la passion de Raphaël date d’une époque voisine de son arrivée à Rome. (Passavant, t. I, p. '1 82 de l’édition française.) — On lit dans une note manuscrite du xvie siècle, en marge d une édition de Vasari, de 1568, appartenant à l’avocat Giuseppe Vannutelli à Rome, a l’endroit même où il est question de la maîtresse de Raphaël : Ritratto di Margarita donna di Raffaello... et plus bas : Margarita, che pareva viva. (Visconti, Storia del trovamento dette spoglie mortali di Raffaello Sanzio da Urbin, Roma, 1863, p. 85.) — Missirini donne pour père à cette femme un fabricant de soude, qui demeurait près de Santa Cecilia, dans le Transtévère. (Missirini, à R. Arrigoni, dans la traduction de la Vie de Raphaël, par Longhena, p. 657.) — Je n’ai pas, du reste, à m’étendre ici sur les recherches et sur les prétendues découvertes auxquelles a donné lieu la maîtresse du Sanzio. Une seule chose est certaine, c’est que Raphaël aima une jeune tille, avec laquelle il vécut jusqu’à sa mort. Jo ne vois pas de raison suffisante pour changer le nom de la Fomarina sous lequel cette jeune fille vit pour la postérité. Enfin, chaque lois que je passe dans la Via Santa Dorotea, sur la rive droite du Tibre, je m’arrête volontiers devant la petite maison qui porte le numéro 20, et, après avoir considéré l’élégance de l’encadrement qui entoure la fenêtre de cette modeste habitation, je crois sans répugnance que là naquit l’enfant qui devait être un jour aimée de Raphaël.
tière aux dépens de l’idée. L’étude que nous venons de faire est une preuve éclatante de la chasteté de ce génie, auquel son siècle eût tout permis. Que n’aurait-il pu oser en suivant pas à pas le récit d’Apulée? Et cependant, dans la longue carrière que lui fournit ce roman, on ne découvre pas un trait qui ne se puisse avouer. Il n’a pris à la Fable que son élément poétique, et, après l’avoir méditée dans son cœur, après l’avoir transformée en sa propre substance, il l’a transcrite tout entière en caractères lisibles pour tous, au milieu des célestes clartés1. On peut presque dire que Raphaël a restitué dans ses fresques le symbole défiguré par Apulée. Il semble que ce soit des lèvres mêmes du divin Platon qu’il ait entendu cette histoire, tant les situations générales auxquelles il l’a réduite sont grandes et simples, sévères et d’une belle ordonnance. J’ai toujours été frappé, plus que par aucun commentaire, de l’évidence avec laquelle ces peintures rattachent la tradition mythologique à la vérité de l’Évangile. Le Sanzio connaissait sans doute les mystiques explications du moyen âge, et notamment celle qu’avait donnée saint Fulgence au commencement du vie siècle; mais ce n’est pas là qu’il paraît avoir cherché son inspiration. D’ailleurs l’évêque de Ruspina avait été, comme son temps, doctoral et subtil, et les plans secondaires au milieu desquels il s’était arrêté et
I. On trouvera, à 1 Appendice (lettre B), sur les dessins gravés par le Maître au Dé et par Augustin Vénitien, un travail qui est le complément de cette étude.
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complu lui avaient caché le fond même de l’antique allégorie. L’Urbinate, au contraire, a compris avec la simplicité de son cœur et de son génie une légende à la fois digne d’Homère et digne de Moïse1. Il savait que l’âme est ce qui élève l’homme au-dessus de toutes choses au monde, et que l’artiste qui s applique à en traduire les aspirations place son but le plus haut possible. Il emprunta donc à l’antiquité ses personnages, parce qu’il les considérait comme les types les plus beaux que l’esprit de l’homme eût jamais conçus, les plus dignes, par leur grandeur et leur popularité, d’exprimer les nobles sentiments que reflete 1 humanité. L’Ame placée en présence du beau, le sentiment chrétien sous la forme païenne, voilà ce qu’il faut voir dans les fresques de la Farnésine. G est ainsi que, sans aucune prétention au mysticisme, mais seulement par le charme de la grâce et par la passion d un cœui vraiment épris du beau, Raphaël a eu la gloire de rendre populaire dans l’art moderne la fable la plus populaire de l’antiquité.