Lib. XXXV, cap
CONCLUSION
ments de la nuée1. Léda jette au ciel un regard où l’amour s’élève presque jusqu’à la prière2. Danaé exprime au même instant le désir, la jouissance et le regret; séduite et vaincue, elle succombe sous la double étreinte du bonheur et du repentir 3. Que dire des clartés qui enveloppent et transfigurent le corps d’Antiope 4?... Mais c’est surtout à Parme, au couvent de Saint-Paul, que Corrège a tenté vers l’antiquité l’effort le plus sincère et le plus heureux.
En 1519, la comtesse Jeanne de Plaisance, abbesse des Bénédictines de Saint-Paul, demanda au maître parmesan de lui décorer son parloir. L’abbesse, portant trois croissants d’argent dans ses armes, trouva bon d’être représentée sous les traits de Diane, et ainsi divinisée elle apparaît radieuse encore , emportée au milieu des nuées, sur un char attelé de deux biches5. Au centre du plafond la crosse de l’abbesse se mêle au croissant de la déesse. Sur les retombées de la voûte, des groupes d’enfants se montrent de distance en distance à travers une charmille épaisse, percée de seize ouvertures ovales, formant comme autant de tableaux. Ces enfants, vraies émanations de l’Amour, portent les attributs de Diane, l’arc et les flèches, jouent avec les chiens, se parent des trophées de chasse. Au-dessous,