Ce tableau est au musée du Louvre
5. Cette fresque est peinte sur le trumeau de la vaste cheminée, à l’endroit le plus apparent de la pièce.
seize autres tableaux en grisaille rappellent : un sacrifice, une allégorie de la Terre, Junon suspendue à la voûte céleste, une vestale, une prêtresse, l’Espérance, les Parques, les Grâces, un temple de Jupiter, Minerve, Gérés, Faune, Vénus pudique, l’éducation de Bacchus, Adonis et une figure de l’Abondance1. Enfin, une frise, composée de draperies qui se relèvent en festons et se rattachent à des chapiteaux ornés de têtes de béliers, circule autour de la voûte. Cette décoration est une des choses les plus suaves que la Renaissance nous ait laissées. Elle montre Corrège presque au début de sa carrière, armé déjà de toutes ses séductions, très-vivement préoccupé de l’antiquité, imbu des idées de la Fable, étudiant les marbres, les camées, les médailles, et ne craignant pas de faire pénétrer la mythologie dans le cloître. Nous voyons d’un autre côté une abbesse grande dame prenant, comme une chose toute naturelle, le costume et l’allure d’une divinité païenne, portant avec plus d’aisance la tunique des femmes grecques que la robe de son ordre, découvrant même son sein plus que ne l’aurait fait la déesse elle-même. On respire encore, dans ce parloir, l’atmosphère du xvie siècle, ce paganisme qui était dans l’air, dont chacun vivait sans le savoir, et qui circulait d’un bout à l’autre de la péninsule comme un fleuve à la fois fécondant et délétère 2.
Cette dernière est prise sur une médaille de l’empereur Yespasien. — La plupart de ces sujets sont empruntés à l’antique.