‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 196 sur 214 · Voir t. Ier, p · texte numérisé non relu

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à l’élève. Mais c’est dans les œuvres entièrement personnelles à Timoteo, c’est dans les peintures qu’il a laissées à Urbin, à Bologne, à Cagli, à Castel-Durante, à Forli, à Pesaro, à Milan, qu’il faut chercher la valeur véritable de cet artiste. Ces compositions doivent sans doute compter comme des œuvres de Renaissance, parce qu’elles reflètent quelques-uns des rayons les plus vifs de cette brillante époque ; mais ce ne sont là que des reflets et souvent bien pâles, les rayons eux-mêmes sont ailleurs. On reconnaît dans ces peintures un dessin habile, mais sec; beaucoup de soin, de conscience, une couleur harmonieuse, mais une main timide, guidée par un esprit exact, minutieux et sans initiative. Timoteo a certainement emprunté à Raphaël quelque chose du charme de sa manière, mais il ne fut jamais qu’un inventeur borné et les conceptions qui lui sont propres n’ont rien de grandiose. Entre Timoteo et Raphaël il y a la même distance qu’entre la Madeleine de Bologne ou la Vierge de Milan et le tableau d'Apollon et Marsyas ; c’est la distance qui sépare un talent moyen d’un incomparable génie. La Madeleine de la Pinacothèque de Bologne a un sentiment de douceur qui est bien près d’être fade. Cependant, la tradition de Raphaël s’y fait encore sentir. Quant au tableau de Milan, il est d’une faiblesse presque désolante. La Vierge est debout , entre saint Jean-Baptiste et saint Sébastien. Ce dernier est nu, ou à peu près, attaché à un arbre et le corps percé de flèches. Dans un nuage à gauche, un ange montre du doigt l’Enfant Jésus qui descend du ciel vers sa mère. La Vierge est encore raphaëlesque-, clic se tient bien au-dessous de Raphaël, mais elle est ce qu’il y a de meilleur dans le tableau. Le Précurseur est sans expression; quant au saint Sébastien, il est d’une complète insignifiance. L’ange est presque mauvais. 11 y a de bonnes qualités dans le Bambino, mais la trace du grand style du maître

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