La Psyché de Corneille est de
2. C’est ainsi qu’il faut transformer encore le texte d’Apulée, pour expliquer cette dixième planche. Ce texte dit seulement : « Aux premiers rayons « du jour il (l’Amour) a disparu. Aussitôt les voix sont là pour prodiguer « leurs soins à la nouvelle épouse. » Ante lucis exortum propere discesserat . statim voces cubiculo prcBstolatce , novctm nuplam interfectce vivginitatis curant.
APPENDICE
tourne en se penchant légèrement en arrière. De la main droite elle soulève une partie de ses cheveux dénoués et tombants ; tandis que la main gauche, ramenée sur la tête, appuie, par un geste expressif, le récit qu’elle fait sans doute aux nymphes qui l’entourent. Celles-ci, vêtues de longues tuniques, paraissent écouter avec attention, et l’intérêt qu’elles prennent à ce qu’elles entendent suspend pour un instant les services qu’elles rendent à la nouvelle épouse. Avec quelle grâce elles retiennent ses draperies, soutiennent ses bras, arrangent ses cheveux! Rien n’est plus beau que la figure de jeune femme assise et appuyée sur une grande aiguière. Rien n’est plus fort, plus souple et plus élégant que ce corps placé de profil, et que cette tête, si bien coiffée à l’antique, qui se tourne de face vers le spectateur comme pour commander l’admiration. Le dessin qui a fourni le motif de cette gravure devait être superbe, et il est à jamais déplorable que de pareils trésors aient été dispersés ou détruits. Raphaël est là lui-même-, et nul autre, même parmi ses plus illustres disciples, ne me semble digne de mettre son nom au bas d’un semblable dessin. Lui seul a su concilier dans un même type et réaliser avec cette perfection la force et la beauté 1.
XI. — Cependant Psyché, malgré les instances de son invisible époux, a désiré revoir ses sœurs. A force de supplications, elle a obtenu que Zéphyre les lui amenât, et, après avoir étalé devant elles toutes les splendeurs de son palais, après les avoir
1. C’est encore parmi les émaux de Léonard Limosin qu’il faudra chercher un reflet de la pensée du Sanzio. L’émail catalogué sous le n° 241 dans la collection du musée du Louvre est un chef-d’œuvre d’interprétation. On retrouve là quelque chose de la manière large et magistrale, de la souplesse et de la grâce, de la délicatesse et du charme qui devaient être dans le dessin original et qui font en partie défaut dans la gravure.
comblées de présents, elle subit la première épreuve de leur curiosité1.
Psyché est assise, regardant avec bonheur les deux sœurs qu’elle vient d’enrichir de ses dons, et qui la pressent de leurs questions. Je ne sais aucun artiste, en dehors de Raphaël, à qui l’on puisse faire honneur de ce groupe. Psyché est charmante. Le geste est plein de naturel et de dignité. On voit qu’elle est tout entière aux récits qui s’échappent de son cœur. On comprend combien la jalousie domine déjà ses sœurs et efface en elles toute autre pensée. Loin de se réjouir du bonheur de Psyché, elles ne s’y résignent pas. Au point de vue pittoresque, où trouver des liens plus intimes que ceux qui unissent entre elles ces trois figures? Les draperies sont simples et bien jetées; les têtes sont belles et les chevelures sont heureusement arrangées sans avoir rien d’apprêté. Ce dessin exprime les nuances délicates des sentiments les plus opposés, sans que la beauté en souffre la moindre altération. Une âme avide de vengeance qui hait et dissimule, un esprit soupçonneux qui résiste encore, un cœur ivre d’amour qui se livre sans méfiance, tout cela est clairement indiqué, et je ne crois pas que, sans le secours de Raphaël, il y ait eu un artiste capable d’une telle intelligence. Dans le fond, du côté opposé à ce groupe, on aperçoit les ri-