Cette gravure est d’Augustin Vénitien. (Bartsch, n
2. « Elle se leva sans bruit, prit le poignard et la lampe qu’elle avait ca- « chés, s’en alla le plus doucement qu’il lui fut possible vers l’endroit du « lit où le monstre s’était couché, avançant un pied, et puis un autre, et « prenant bien garde à les poser par mesure, comme si elle eût marché sur « des pointes de diamants. Elle retenait jusqu’à son haleine, et craignait « presque que ses pensées ne la décelassent. Il s’en fallut peu qu’elle ne « priât son ombre de ne point faire de bruit en l’accompagnant... »
A pas tremblants et suspendus Elle arrive enfin où repose Son époux aux bras étendus,
Époux plus beau qu'aucune chose :
C’était aussi l’Amour .
(La Fontaine, ibid., liv. I.)
3. Tune magis magisque cupidine flagrans Cupidinis ,prona in eumefflictim inhians, patulis ac petulantibus saviis festinanter ingestis, de somni mensura metuebat.
APPENDICE
par Apulée. C’est tout simplement un enfant endormi , que n’entoure nulle radieuse auréole et auquel manquent les ailes de la divinité.
A droite, sur un plan secondaire, la curieuse Psyché « ne se « lasse pas de voir, de toucher, d’admirer les armes redoutables « de son époux. Elle tire du carquois une flèche, et, pour en « essayer la trempe, elle en appuie le bout sur son doigt; mais u sa main, qui tremble en tenant le trait, imprime à la pointe u une impulsion involontaire. La piqûre entame l’épiderme, et « fait couler quelques gouttes d’un sang rose... » C’est ainsi que Psyché s’inocule un amour plus violent encore pour l’Amour lui-même.
A gauche, on aperçoit le dénoûment de cette première partie du drame. Le dieu, subitement réveillé par une goutte d’huile bouillante tombée sur lui, fuit à tire-d’aile les regards et les embrassements de l’épouse qui a violé sa foi. Vainement elle saisit la jambe de l’Amour, et s’y cramponne :
Là finit de Psyché le bonheur et la gloire L
XIV. — Psyché, tristement suspendue à l’Amour, l’a suivi dans son essor jusqu’à la région des nuages; mais bientôt épuisée, elle est tombée sans mouvement sur la terre. Cupidon, attendri, s’est alors placé sur un cyprès voisin, et, après avoir adressé à la trop crédule épouse des reproches où la douleur et la pitié dominent la colère, « il se lance en oiseau dans les « airsL » — Psyché est là, tristement agenouillée, suivant des yeux son époux dans l’espace, et l’appelant par ses cris lamentables. Elle a cédé aux insinuations de l’esprit d’orgueil, en violant le commandement de l’Amour, et maintenant le dés-