Fresques des pendentifs, IV, V, VI
APPENDICE
corder aux larmes delà pauvre âme vagabonde, ce fut de ne la point livrer à son ennemie.
Tel qu’il nous est révélé par la gravure, ce dessin est convenable, mais dépourvu d’émotion. Psyché est à genoux sur le seuil du temple. Si elle est désolée, le spectateur n’en sait rien ; et si elle prie, on l’ignore également. Cérès est debout devant elle. Mais la divinité manque à la déesse, et vainement on cherche en elle cette pitié souveraine qui est le privilège de l’immortalité.
XX. — « Refusée contre son espoir, Psyché s’éloigne, em- « portant un chagrin de plus dans son cœur. Elle revenait « tristement sur ses pas, quand son œil, plongeant au fond « d’un vallon, découvre un autre temple, dont l’élégante archi- « tecture se dessinait dans le demi-jour d’un bois sacré... Flé- « chissant le genou, elle embrasse l’autel tiède encore, et après « avoir essuyé ses larmes, elle invoque l’épouse du grand Jupi- « ter... » Junon lui apparaît alors dans tout l’éclat de la majesté céleste ; mais tout en plaignant ses malheurs, elle refuse de la recueillir et de la protéger contre Vénus.
Cette composition est très-supérieure à la précédente. Psyché est encore à genoux devant la déesse, et sans être trèspathétique dans sa douleur, elle est plus éloquente dans son invocation; si ses traits n’ont pas l’expression suffisante, son geste au moins prouve avec quelle ferveur elle implore le secours des dieux. Quant à Junon, entièrement drapée dans ses longs vêtements1, elle se montre parfaitement bonne et compatissante, mais on la prendrait plutôt pour une vierge chrétienne que pour une habitante de l’Olympe. Quelques arbres sans mystère, se mêlant aux lignes équivoques d’une mauvaise architecture, donnent une faible idée du temple et du bois sacré que décrit la Fable.