‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 22 sur 214 · I . Bartsch, t. XIV, n · texte numérisé non relu

I . Bartsch, t. XIV, n

voit l’influence de l’antiquité1. Raphaël, pour guider son inspiration, n’avait guère sous les yeux que des fragments épars de la jeune école à laquelle Praxitèle a donné son nom. Or, en nous rappelant la licence de ces modèles , nous devons savoir gré encore au Sanzio de sa réserve. Des bas-reliefs tels que ceux du vase Borghèse, étaient bien loin déjà de la primitive Hellénie. Raphaël remontait par instinct vers des traditions plus pures. Que n’a-t-il reproduit les danses dessinées par Yulcain sur le bouclier d’Achille, et décrites par Homère? « Sur ce bouclier, l’illustre Vul- « cain grave encore une danse semblable à celles que, « dans la fertile Gnosse, inventa Dédale pour Ariadne « à la belle chevelure. Là, de jeunes hommes et des « vierges charmantes forment des danses en se tenant « par la main; celles-ci sont couvertes de voiles légers, a ceux-là , de tuniques élégantes qui brillent d’un. « doux éclat. Les jeunes filles ont de belles couronnes, « les hommes portent des glaives d’or suspendus à un « baudrier d’argent2...»

Il était impossible que Raphaël n’accordât pas une prédilection spéciale à Vénus et à l’Amour, en qui se résume ce que l’art antique a conçu de plus suave.

Il est manifeste, au contraire, que la grande Bacchanale, gravée par Marc- Antoine (Bartsch, t. XIV, n° 248), est la traduction directe d’un bas-relief antique. Raphaël n’a rien de commun avec cette mythologie.

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