Id., ode li
sont sorties du sein des flots; tout le reste de son co;ps divin n’apparaît encore qu’à travers le voile transparent des ondes. Une de ses mains1 tord ses cheveux humides, l’autre2 appartient encore à la mer ; et tendis qu’un de ses pieds 3 se pose sur une coquille, l’autre4 se perd encore au milieu de l’écume féconde. La déesse en qui va se résumer la plus haute expression de la beauté se considère elle-même avec étonnement. Elle abaisse légèrement la tête vers le miroir des eaux, et se regarde, surprise de se trouver si belle. C’est l’image charmante et naïve d’une jeune fille qui s’épanouit dans le sourire de sa première jeunesse, et qui n’a point encore conscience de sa propre beauté. Ce n’est là qu’un simple dessin, mais qui a tout le fini, toute la perfection du tableau le plus délicat. Que ne connaissons-nous la Vénus Anadyomène qu’Àpelle avait peinte dans l’île de Cos ! Nous n’en serions plus réduits à de vaines conjectures sur les affinités plus ou moins étroites qu’eurent entre eux les deux plus grands peintres dont la mémoire des hommes ait gardé le souvenir.