LA. VILLE DE FLORENCE ET JEAN DE MÉDICIS
Raphaël, ayant à rappeler l’entrée du cardinal Jean de Médicis à Florence, en 1512, a entouré les personnages historiques, le légat et sa suite, d’allégories par lesquelles il a montré la ville et la nature elle-même s’associant à l’empressement de la foule. Florence, la cité des fleurs, apparaît sous les traits d’une femme
jeune et belle, svelte et élancée, drapée à l’antique, qui accourt, les bras ouverts, pour recevoir son libérateur. Une figure de l’Abondance est couchée aux pieds de cette allégorie de la ville; et du côté opposé, l’Arno est là aussi, sous la forme d’un vieillard à longue barbe, pour souhaiter la bienvenue à l’envoyé de Jules II. La médaille d’Antigone, roi de Macédoine et d’Asie, semble avoir servi de modèle à cette figure de fleuve.
Ce dessin 1 a été tissé en fil d’or, au bas de la Mort d’Ananias. Dans les bordures des autres tapisseries du Vatican, on voit encore divers sujets commémoratifs de la vie de Léon X, jusqu’à son avènement au trône pontifical, et dans tous ces tableaux on retrouve le même système d’allégories. — Au-dessous de la Pêche miraculeuse , la Ville éternelle s’avance vers Jean de Médicis et lui tend la main, lorsqu’il arrive à Rome pour assister au conclave, après la mort de Jules IL — Au bas de la Guérison du Paralytique , dans le tableau qui rappelle l’évasion de Jean de Médicis, fait prisonnier à la bataille de Ravenne, une naïade poursuivie par des satyres est là comme allusion au danger que courut le cardinal, lorsqu’un certain Usimbardo le renterma dans un colombier pour le livrer à l’ennemi.
U se trouve dans la collection de l’archiduc Charles, à Vienne, après avoir passé successivement par les cabinets de Crozat, de Mariette, de Julien de Parme et du prince de Ligne. — Un second dessin du même sujet se voit au musée du Louvre. Il en existe encore un troisième qui, après avoir fait partie de la collection Denon, est entré dans celle de sir Thomas Lawrence.