LE ZODIAQUE ET LES SIBYLLES
lai être révélée. La seconde montre que cette vérité est descendue du ciel. Au regard abaissé, à la physionomie calme, attentive et recueillie de sa compagne, elle oppose un œil tout grand ouvert et plein de lumière, des traits enflammés, un geste et une attitude qui témoignent de son enthousiasme et de son élan vers l’infini. Ces Sibylles, admirablement drapées dans leurs tuniques transparentes, ont leurs cheveux dénoués et flottants sur leurs épaules. Dans ce dessin, Raphaël est très-indépendant de Michel-Ange , mais il montre une fois de plus qu’il pouvait lutter avec son redoutable adversaire; il prouve surtout que la beauté ajoute encore à la grandeur.
Une autre composition, moins largement faite sans doute que la précédente, mais charmante encore, représente la Sibylle de Cumes obtenant du Soleil que le sable se change en or1. Cette charmante petite figure drapée est très-finement modelée et d’un sentiment très -pur. Elle tient de ses deux mains une corbeille remplie de sable, sur laquelle le soleil darde ses plus chauds rayons. La tête est vue de profil à droite; les cheveux sont en partie dénoués derrière le cou; les pieds et les bras nus sont d’un joli dessin. Elle abaisse son regard et contemple avec bonheur le mystère de la transformation2.
\ . Ce dessina été gravé par Augustin de Venise. (Bartsch, t. XIV, n° 123.)
2. Un autre dessin, représentant encore une Sibylle, a été çravé par un élève de Marc-Antoine. (Ici., t. XV, p. 27.)