Pausanias, X, xxix
RAIMIAEL ET L’ANTIQUITÉ.
d’ailleurs qu’elle dorme sur un roc ou sur de moelleux coussins. N’oublions pas qu’un maître comme Raphaël n’imposait pas à un graveur comme Marc-Antoine les détails et les accessoires. Il lui livrait une figure en qui se résumait l’expression d’une idée, et lui confiait le soin de la traduire et souvent de la compléter. Dès lors, il est probable que c’est Raimondi lui-même qui, pour ajouter à la souplesse de ce beau corps si doucement endormi, a substitué un lit au rocher de Naxos.
LUCRÈCE
Si les marbres antiques faisaient naître sous la main de Raphaël des dessins qui, sans les répéter, les rappelaient avec éloquence, ils poussaient également ce beau génie vers l’expression d’un sentiment exclusivement personnel, indépendant de toute imitation, digne cependant de soutenir le regard des plus grands modèles.
On lit dans Yasari : « Marc- Antoine, dès son arri- « vée à Rome, grava sur cuivre une Lucrèce, d’après « Raphaël d’Urbin, avec tant de perfection, que le divin « Sanzio résolut de confier au burin le soin de propager