‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 78 sur 214 · Bartsch, t. XIV, n · texte numérisé non relu

Bartsch, t. XIV, n

pas terminée, mais elle est décidée, et dans un instant Hélène sera portée par les flots vers la rive asiatique. Elle résiste, elle appelle, elle supplie, elle veut s’agenouiller une dernière fois sur le sol de 'la patrie, et retourne la tête avec anxiété du côté de sa ville natale. Tout cela est clairement rendu, sans confusion ni violence. On dirait plutôt la réminiscence d’un bas-relief que les préliminaires d’un tableau. Cependant un élève du Sanzio avait reproduit ce dessin dans une fresque qui se trouvait au-dessus d’une porte dans la villa de Raphaël. Ce tableau, après avoir beaucoup souffert, a passé de la galerie Camuccini, à Rome, dans les collections du marquis Campana. Il appartient maintenant à la Russie.

On voit encore à Oxford un fort beau dessin du groupe principal de cette composition, mais avec de notables variantes; déplus, comme dans beaucoup de dessins de Raphaël, tous les personnages sont nus. Nous retrouvons Hélène aux prises avec les ravisseurs. Deux jeunes hommes la prennent et l’enlèvent; deux autres la protègent et la couvrent de leurs boucliers; un cinquième marche en avant, pour écarter tout obstacle. Vainement la sœur des Dioscures se débat entre les mains des compagnons de Paris : sa résistance est impuissante, ses cris sont sans effet, et le regard qu’elle tourne vers la Grèce est un regard d’adieu1.

I. Ce dessin, exécuté à la plume, a passé, avant d’arriver à Oxford, parles collections Ant. Rutgers, Ploos van Amstel, Jacob Cornsz. Lawrence. Un autre dessin de l’Enlèvement d'Hélène se trouve dans la

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