Lucian., Hérodote sive Aétion
2. Ce dessin, après avoir appartenu à Rubens, au cardinal Bentivoglio et au graveur en médailles Melan, a passé par les collections
simple étude, dans laquelle tous les personnages sont encore dans un état complet de nudité. Mais nulle part on ne peut mieux juger le grand style de Raphaël, dans ce qu’il a de naturel et de spontané; nulle part le sentiment inné de la beauté n’apparaît avec plus d’évidence.
Roxane est assise. Sa tête s’incline avec respect devant Alexandre, elle lève vers lui ses yeux pleins de tendresse, et elle porte la main à son cœur pour marquer sa reconnaissance et son dévouement'1. Debout derrière elle, un Amour soulève avec légèreté les bandeaux de ses cheveux, et découvre complètement son oreille et son front. Un autre Amour, agenouillé devant elle, déchausse son pied délicat 2. Les soins que ces beaux enfants rendent à Roxane ressemblent à des caresses. Alexandre, guidé par un troisième Amour plus puissant et d’un sentiment plus élevé que les deux autres, s’avance vers la fille d’Oxyarte et lui offre sa couronne3. Ephestion se tient sur un second plan, à la droite du héros ; sa main droite porte la torche nuptiale, tandis que sa main gauche s’appuie sur le bras d’un adolescent. Cet adolescent est le jeune Hyménée,
Vanrose, de Crozat, du prince Charles de Ligne et du duc Albert de Saxe Teschen, qui le légua à l’archiduc Charles.
1. C’est, la main gauche que Roxane porte à son cœur. La main droite s’appuie sur le lit.