‹ Raphaël et l'antiquitéChapitre 88 sur 214 · Landon, n · texte numérisé non relu

Landon, n

senfent la plaie de son cœur. 11 y a dans le mouvement de sa figure, dans son geste, dans ses traits, un mélange de confusion et d’ardeur, dont le sentiment doit être exquis. Cupidon, tenant avec indifférence son arc et ses flèches, est près de sa mère, peu soucieux de la souffrance qu’il lui cause. Un arbre répand sur Vénus et sur l’Amour la fraîcheur de son ombre1. Nous pouvons juger approximativement de la grâce de cette composition par le dessin de la collection Albertine. Ce dessin n’est pas de la main du Sanzio, mais il est d’un de ses élèves, et reproduit avec élégance l’esprit de la fresque 2. Quand on songe que de si précieuses peintures sont mises à l’index, cachées, menacées de ruine, ou seraient même anéanties déjà, s’il fallait en croire une parole dont on ne devrait cependant jamais douter, les regrets, la crainte et l’indignation grandissent de tout ce qu’on éprouve d’admiration pour Raphaël.

Le quatrième tableau représente, ou plutôt représentait Aphrodite assise sous un arbre et retirant de son pied l’épine qui l’a blessée. « Ce tableau a été enu levé depuis longtemps de la chambre de bain, et la « place qu’il occupait a été récrépie 3. » Il rappelait avec simplicité un des épisodes charmants de la Fable. Lorsque Diane eut lancé contre Adonis le sanglier qui

1. Voir la gravure d’Agoslino Veneziano, Bartsch, t. XIV, n° 286. — Landon, n° 172.

2. Ce dessin, exécuté à la sanguine, a passé par les collections de Crozat, d’Isaac Walraven, de Rutgers et de Ploos van Amstel.

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