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mars 15'20, appelé en hâte par Léon X, il accourut tout en sueur et prit froid dans une salle ouverte aux vents ; il rentra chez lui avec le frisson. Huit jours après, il était mort (6 avril 1520).
Devant ce cercueil, les rivalités et les jalousies se turent. Rome en deuil, comprenant bien ce jour-là ce qu'elle avait perdu, fit au peintre les funérailles d'un roi. Sa dépouille mortelle fut portée en grande pompe au Panthéon d' Agrippa où, aujourd'hui encore, elle repose.
Aussi bien Raphaël mourait à temps. 11 avait été l'artiste de l'heureuse Renaissance italienne, de la Renaissance sereine et paisible. Il emportait celle-là dans la tombe. Les mauvais jours devaient suivi*e bientôt. Ghigi allait mourir, Léon X allait mourir, et à Léon X allait succéder un sombre et triste Allemand, ennemi des arts, ennemi des lettres. Dans sept annexes arrivera le sac de Rome ; la splendeur de la cour des papes va disparaître; leurs trésors vo;it être pillés; les soudards du connétable de Rourbon vont s'installer dans les chambres du Vatican et dégrader la Dispute du saint Sdcrcnunt et Y École d'Athènes. De plusieurs siècles l'Italie ne se relèvera pas de ces épreuves. La décadence va suivre à grands pas. Félicitons Raphaël de n'a^'oir pas vu ces horreurs et de n'avoir pu deviner ces humiliations.