PORTRAIT DE JEUNE HOMME
(Musée du Louvre.)
de Beàzzano et de Navagero, représentés en buste l'un à côté de l'autre, ne sont plus connus que par de vieilles copies.
Balthazar Castiglione posa deux fois devant Raphaël. Le premier de ces portraits, exécuté vers i5i6, se trouve aujourd'hui au Louvre : ce chef-d'œuvre est trop connu pour qu'il soit nécessaire de le décrire. Rappelons seulement le tribut d'admiration que lui ont payé, au XVIIe siècle, les deux coryphées de l'École flamande et de l'École hollandaise, Rubens et Rembrandt : ils ont tenu tous deux à le copier.
Le portrait de Jeanne d'Aragon fut commandé à Raphaël par Bibbiena, qui
le destinait à François F', auprès duquel il avait rempli d'importantes missions. Il résulte d'une lettre que le maître, ne pouvant se rendre àNaples, où se trouvait alors la princesse, y envoya un de ses « garzoni », sans doute Jules Romain, avec l'ordre de faire un croquis pouvant servir de base au portrait définitif. Ce renseignement est bien d'accord avec le témoignage de Vasari. Le biographe affirme, en effet, que la tête seule est l'œuvre de Raphaël, et que le reste a été peint par Jules Romain. Le croquis ou le carton, exécuté à Naples, fut offert par Raphaël au duc de Ferrare. Quant au tableau, il était arrivé à Paris dès les derniers mois de l'année l5l8.
Le Joueur de violon (collection du baron Alphonse de Rothschild, à Paris) est daté de i5i8; il semble donc être, avec la Jeanne d'Aragon, le dernier portrait peint par Raphaël. Nous n'essayerons pas de faire l'éloge de cette œuvre célèbre. Qu'il nous suffise de dire que, par la beauté du coloris, elle rivalise avec les plus éclatantes productions de l'École vénitienne (plusieurs critiques l'attribuent à Sebastiano del Piombo). Mais si Sebastiano a pu se mesurer avec Raphaël comme coloriste, combien ne lui est-il pas inférieur au point de vue de la distinction, de la poésie, de l'éloquence, qualités qui éclatent toutes au suprême degré dans le Joueur de violon !
A ces ouvrages d'une incontestable authenticité, on ajoute parfois un portrait du palais Pitti, célèbre sous le nom de « Donna velata », la Femme au voile. Les traits de la jeune femme, dans laquelle on croit reconnaître la maîtresse de Raphaël, offrent en effet une certaine ressemblance avec la Madone de Saint Si.xle. Mais la facture offre des imperfections qu'il est difficile de mettre sur le compte