‹ Raphaël (volume 2)Chapitre 92 sur 100 · NEPTUNE CALMANT I.A TEMPÊTE (« QUOS EGO · texte numérisé non relu

NEPTUNE CALMANT I.A TEMPÊTE (« QUOS EGO

(Fac-similé de la gravure Je Marc-Antoine.)

entre la servitude et la liberté. L'architecture devint misérable comme tout le reste : art, proportions, grâce, tout disparut. Il sembla qu'avec l'empire on eût perdu le talent et l'art. L'ignorance devint telle, qu'on ne sut plus fabriquer de briques, ni aucune sorte d'ornements. On démolissait les murs antiques pour

en retirer le ciment; on réduisait le marbre en fragments de petite dimension, et l'on se servait de ce mélange pour bâtir, ainsi qu'on peut le voir aujourd'hui encore dans la tour appelée délie Militie ».

Étant donné ce préambule, il ne faut pas nous étonner de voir Raphaël tonner contre l'art gothique. La haine de ce style était innée chez la plupart des architectes italiens de la Renaissance. Mais c'est chez Raphaël, selon toute vraisemblance, que l'on trouve, pour la première fois, la condamnation en règle de ces constructions, que les Italiens englobaient sous le terme général de « architettura tedesca ».

Raphaël parle avec estime, mais sans enthousiasme exagéré, de l'architecture de son temps. (Que pouvaient les plus belles créations de la Renaissance sur un esprit tout imbu de l'antiquité classique ?) « Les édifices modernes sont très faciles à reconnaître, dit-il, d'un côté parce qu'ils sont neufs, de l'autre parce qu'ils ne sont pas encore arrivés de tous points à la perfection et au luxe que l'on remarque dans ceux des anciens. Cependant, de nos jours, l'architecture a fait de grands progrès et s'est singulièrement rapprochée de la manière des anciens, comme on peut le voir dans les beaux et nombreux ouvrages de Bramante. Mais les ornements n'y sont pas d'une matière aussi précieuse que ceux des anciens. Ces derniers réalisaient, au prix de sacrifices immenses, les projets qu'ils avaient formés; il semblait que leur volonté dût triompher de tout obstacle. » On le voit, ici, comme dans les autres écrits du temps, perce la grande préoccupation de la Renaissance : égaler les anciens.

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