I.A MADONE ANSIDEI (Londres; National Callcry
l'œuvre de notre maître. {Vo3'ez p. 148.) En ce qui concerne les deux Madones, on en est également réduit à des conjectures. Hcurcuse-
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(Musco des Offices.)
ment, d'autres témoignages nous permettent de compléter le catalogue des œuvres exécutées par Ruphaél pendant cette période. On sait notamment qu'il tit le portrait de Pierre Bembo, alors de passage à
Urbin'. Ce portrait — un dessin à la pierre noire — se trouvait encore, vers le milieu du seizième siècle, dans la maison que Bembo habitait à Padoue'. Il a disparu depuis lors. Raphaël semble aussi avoir fait le portrait de la duchesse Elisabeth. Nous savons du moins que Castiglione possédait un portrait, de la main de son ami, représentant « una bellissima et principalissima signora et qu'il inscrivit au re\"ers deux sonnets composés en son honneur ^
Il est probable que Raphaël, cédant aux instances des siens, peignit, pendant ce même séjour, son propre portrait, et le leur laissa comme souvenir. Passavant affirme en effet que le portrait, actuellement conservé au musée des Offices, provient d'Urbin. L'artiste s'y est représenté de trois quarts. Une barrette noire couvre sa téte, tout en laissant échapper d'abondants cheveux châtains qui tombent sur la nuque; un justaucorps noir, dont on ne voit que le haut, fait ressortir les lignes élégantes du cou, qui est long et flexible. Le teint est olivâtre, les yeux bruns, le nez fin et droit, le menton rond; le front a de la noblesse plutôt que de la puissance; l'ensemble du visage est allongé. Ce n'est point une beauté régulière; mais quelle douceur et quelle distinction! Comment définir cette bouche à la fois aimable et sérieuse, ce regard à la fois ingénieux et profond! Quoique Raphaël, à ce moment, eût déjà vingt-trois ans, sa figure a conservé tous les caractères de l'adolescence : nulle trace de barbe ou de moustaches; c'est à peine si, dans son portrait de VEcole d'Athènes, exécuté trois ou quatre années plus tard, sa lèvre supérieure commence à se couvrir d'un léger duvet.
Le portrait des Offices a beaucoup souffert; des repeints ont enlevé au modelé une partie de sa souplesse primitive. Heureusement des copies anciennes, conservées, l'une dans la galerie Borghèse, l'autre
1. Passavant se trompe en disant (t. I, p. 92) que Bembo ne vint à Urbin qu'une seule fois, en i5o6: il y était en i5o8 également. Nous savons, en effet, par Baldi (t. II, p. 220), que Bembo assista aux derniers moments de Guidobaldo, mort k Fossombrone, à quelques kilomètres de la capitale.
2. « El retratto piccolo de esso M. Pietro Bembo, allora che giovine stava in corte del 4uca d'Urbino, fu de mano de Raffael d'Urbino in m'". » {Notipa d'opere di disegno nella prima mctà del secolo xvi, publié par Morelli; Bassano, 1800, p. 18.)
3. Passavant, se fondant sur un passage d'une lettre, en date du 11 avril i5i6, dans laquelle Bembo entretient Bibbiena du portrait de B. Castiglione et de celui du feu duc, a cru que Raphaël avait aussi peint dans sa jeunesse un portrait de son souverain, Guidobaldo. Mais il aurait été bien étrange que Bembo, cherchant des exemples du talent de Raphaël, remontât si loin et citât une production de la première jeunesse de l'artiste. Aussi nous associons-nous entièrement k l'opinion de .M. dk Liphart, qui croit qu'il s'agit d'un portrait de Julien de Médicis, duc de Nemours, mort le 17 mars ibiù, c'est-k-dire un mois avant la lettre écrite par Bembo. {Xoticc historique sur un tableau de Raphaël représentant Julien de Médicis, duc de Xcmours ; Paris, i8()y, p. if).)