‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 116 sur 327 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ne personnifiât à leurs yeux la victoire de la lumière sur les ténèbres, le triomphe de la Renaissance sur le moyen âge. Une merveilleuse pierre gravée, qui passait pour avoir servi de cachet à Néron, et qui appartenait, dans la première moitié du quinzième siècle, à Jean de Médicis, fils du grand Cosme, avait de bonne heure rendu populaire à Florence ce mythe ingénieux. L'admiration que Laurent le Magnifique, qui devint dans la suite possesseur de la gemme, professait pour elle ne pouvait qu'ajoutera sa célébrité'. Les artistes la copièrent à l'envi. Raphaël, qui la connaissait certainement par des reproductions, s'en inspira dans l'Apollon de VEcole d'Athènes. Bien plus, il la fit copier textuellement dans les Loges.

Dans ces divers ouvrages, le motif choisi par Raphaël et ses confrères était le Supplice de Marsjas. C'est, au contiaire, la Rivalité d'Apollon et de Marsj'as que Raphaël a illustrée dans le tableau dont nous avons à nous occuper.

Parler du tableau représentant Apollon et Marsyas, c'est évoquer le souvenir de polémiques ardentes, dans lesquelles, il faut bien le dire, la modération et l'équité n'ont pas toujours été du côté de la majorité. Passavant, en particulier, qui a si fiiciiement rangé dans l'œuvre de Raphaël des tableaux qui lui étaient absolument étrangers, a donné dans cette circonstance des preuves palpables de passion, de parti pris. N"a-t-il pas contesté l'authenticité de cette peinture merveilleuse, par cette seule raison que le dessin des jambes n'ollVe pas « les formes pleines et accentuées propres aux ouvrages de Raphaël », et que le paysage est traité d'une manière timide et minutieuse, bien dill'érentc de celle du maitre ?

UApollon et Marsj-as n'a pas d'histoire, en quelque sorte. \'endu en lyS-, à Greenwood, avec la collection de J. Bernard, il entra plus tard dans celle de AL Duroveray, à la mort duquel il fut de nouveau mis aux enchères, et acheté, le 2 mars icSro, moyennant une somme peu élevée, par un amateur anglais bien connu, M. Morris Moore, actuellement lixé à Rome. Le tableau portait alors le nom de Mantegna. Mais cette attribution était un non-sens, et plus d'un connaisseur prodigua ses applaudissements à M. Moore lorsque celui-ci baptisa sa nouvelle acquisition du glorieux nom de Raphaël. On sait qu'en iNS3 ce tableau a été acquis par le musée du Louvre, au prix de 200 000 francs.

1. \'c)}'cz sur l'iiistuirc de Cl-Ui; ^emnic mes Prcciirsciirs de la Jicudissi^ince, p. kjG.

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