INFLUENCE DE MICHEL-ANGE
celle de Mantegna, à qui Raphaël emprunta le cadre de la composition ; en second lieu, celle de Michel-Ange; enfin, celle du Pérugin, dont la Descente de croix, conservée à l'Académie des beaux-arts de Florence, servit de modèle pour le groupe formé par la Vierge et ses compagnes (Raphaël, on s'en souvient, s'était déjà inspiré de ce
(Galerie Borglicse.)
tableau dans son Portement de croix, peint pour les nonnes de Saint- Antoine de Pérouse).
La critique a le devoir de signaler ces imitations, mais elle a aussi celui de proclamer les qualités vraiment transcendantes de la Mise au tombeau. Les contemporains ne s'y trompèrent pas. L'impression produite sur eux par cette grande page fut vive et profonde. Pour la première fois, la douleur parlait un langage si pur, si savamment
rhythmé. Le maître avait su tenir un juste milieu entre l'emportement propre à Donatello, à Mantègne, à Signorelli, et la noblesse élcgiaquc du Pérugin. On n'était pas moins frappé de la science du dessin, qui éclatait dans le corps du Christ, dans ceux des deux porteurs. Vasari, un demi-siècle plus tard, s'est fait l'interprète de l'admiration excitée