I. Mgr Fabroni, Lconis X vontificis maximi vita, p
impulsion, resta stationnairc ; bref, il sembla que de ce côté du moins la guerre eût absorbé toutes les pensées du pape'.
Ces encouragements que Jules II marchandait aux lettres, il les prodiguait à l'art. Il l'aimait d'un amour ardent, on pourrait presque dire excessif, si tant est qu'il puisse y avoir excès dans le culte du beau. Plus une conception était grandiose, plus elle le passionnait. Lorsque Michel-Ange lui objecta que la construction de son mausolée coûterait 100 ooo ducats, il s'écria, avec un dédain superbe : « Je t'en accorde 200000! » Malgré cette prodigalité, ou en raison même de ces sacrifices souvent exagérés, on pourrait être tenté de se demander si le pape avait sur l'art des vues personnelles, s'il savait raisonner ses préférences, s'il s'était créé une esthétique bien définie. Ou bien le neveu de Sixte IV, dévoré comme tous ses contemporains de la soif de l'immortalité, ne voyait-il, dans l'architecture, la sculpture, la peinture, que des moyens de perpétuer son nom? Il est certain qu'au début, quand il n'était encore que cardinal, Julien délia Rovere recherchait les artistes que lui signalait la renommée, les récompensait royalement, sauf à les congédier sans pitié dès qu'il s'en présentait de plus célèbres. Peut-être fut-ce un mobile analogue qui poussa le jeune prélat à sacrifier à l'entraînement général, et à former une collection d'antiques, dont la perle s'appelait l'Apollon du Belvédère. Dès lors, chez plus d'un amateur, la prodigalité tenait lieu de goût.
Cependant, lorsque, à la veille de la reconstruction de Saint- Pierre, Jules II eut à se prononcer entre Bramante et Giuliano da San-Gallo, il fallut bien qu'il se guidât d'après ses seules lumières. Son arrêt fait le plus grand honneur à son goût-, malgré son amitié pour San-Gallo, il accorda la préférence à son rival, devançant ainsi l'arrêt de la postérité. Il montra tout aussi peu d'hésitation lorsqu'il eut à choisir entre Michel-Ange et ses rivaux, parmi lesquels figuraient des maîtres de la valeur d'André Sansovino; son admiration pour le grand sculpteur florentin ne se démentit jamais. Même rectitude de jugement à l'égard de Raphaël, dont il devina du premier coup d'œil l'immense supériorité. Aussi ne sommes-nous pas surpris de ce que Jules II ait congédié, sans autre forme de procès, pour lais-
I. Voy. TiRAnoscHi, Storia délia lettevatitra italiana, t. VII, pp. 21, 824, et Roscoe, Vie et pontificat de Léon X, t. II, pp. 162, 239. Les éloges que Fea prodigue à Jules II pour son amour des lettres et des sciences sont empreints d'exagération [Notifie intorno Raffaclc San- ^io da Urbino, pp. 68 et suiv.). Quelques traits isolés, la nomination d'Inghirami au poste de bibliothécaire de la Vaticane, celle de Scipion Fortiguerra comme précepteur du neveu du pape, la bienveillance témoignée à Bembo, ne suffisent pas pour modifier cette appréciation.
JULES II
ser le champ libre au nouveau venu, tous les peintres employés au Vatican, le Pérugin, Signorelli, Pinturicchio, etc., mais bien de ce qu'il ait eu l'idée, quelques mois auparavant, de faire appel à ces artistes, tous déjà âgés, et tous représentants de tendances désormais condamnées. Ce fait ne prouve-t-il pas que, s'il savait apprécier la différence de talent, il ne distinguait guère entre les styles? L'art ombrien avait à ses yeux autant de raison d'être que la Renaissance proprement dite, pourvu qu'il fût représenté par un homme supérieur.
Nature essentiellement violente, de même qu'il sacrifia tant d'artistes éminents à ses trois maîtres favoris. Bramante, Michel-Ange et Raphaël, de même aussi Jules II porta ses efforts sur quelques points isolés, au lieu d'embrasser toutes les formes du beau dans leur magnifique ensemble, comme le fit son successeur Léon X. Il en était arrivé à distinguer entre les arts qui traduisent une pensée et ceux qui ne servent qu'à flatter la passion du luxe. S'il combla de bienfaits les architectes, les peintres et les sculpteurs, lui d'ordinaire si économe (il ne donnait à son maître d'hôtel que i5oo ducats par mois pour les dépenses courantes';', en revanche les industries somptuaires ne trouvèrent auprès de lui que de faibles encouragements. On a vu beaucoup de papes plus magnifiques : Eugène IV, Nicolas V, Pie II, Paul II, Sixte IV, Innocent VIII, pour ne citer que ses prédécesseurs du quinzième siècle, s'entouraient d'une pompe auprès de laquelle l'appareil à moitié militaire de Jules II avait quelque chose de rude et de grossier. D'innombrables orfèvres, joailliers, brodeurs, enlumineurs, étaient sans cesse occupés à exécuter pour eux les ornements les plus riches; les maîtres véritablement grands, architectes, peintres, sculpteurs, se perdaient en quelque sorte dans la foule, alors toutefois qu'ils n'étaient pas forcés de prendre eux-mêmes part aux travaux que l'on range aujourd'hui dans la catégorie des arts industriels. Nous n'avons pas pour mission de rechercher si, au point de vue de l'art, la révolution accomplie par Jules II fut un bienfait ou non. Il nous suffira de constater que, le premier, il dégagea nettement la personnalité du peintre, celle du sculpteur et celle de l'architecte. L'histoire de
I. Alexandre VI, avait poussé plus loin encore l'économie : sous son règne, les dépenses ne dépassaient guère 700 ducats par mois.
Jules II connut d'ailleurs plus d'une fois de sJrieux embarras pécuniaires. C'est ainsi qu'il se vit forcé de mettre en gage chez les Chigi la tiare pontificale, pour la somme de 40000 ducats. Dans un de ces moments d'emportement qui lui étaient familiers, il la reprit de vive force, sans avoir acquitté sa dette. [Archivio délia Società romana di Storia patria, 1880, p. 295.) Cependant, dans ses dernières années, il accrut singulièrement le trésor I pontifical : un ambassadeur vénitien l'évaluait à 700 000 ducats, voire à un million.
Bramante, de Michel-Ange et de Raphaël est là pour nous dire de quel succès furent couronnés les efforts de leur tout-puissant patron.
Les registres conservés dans les archives romaines permettent de contrcMer, chiffres en mains, les goûts et les aspirations du pape. On y découvre que, depuis plus d'un siècle, l'orfèvrerie n'avait plus occupé une place aussi restreinte dans les comptes de la trésorerie pontificale : de loin en loin on trouve la mention d'une chaîne d'or offerte à quelque ambassadeur ou capitaine, ou encore de quelque ornement destiné au culte. jAlais que sont ces acquisitions comparées aux prodigalités des règnes précédents ! Notons encore la commande des épées d'honneur et des roses d'or que le pape était tenu, par des traditions séculaires, d'olfrir chaque année aux princes qui s'étaient le plus distingués au service de la chrétienté. Cependant, ici encore, éclate l'inégalité d'humeur de Jules IL Un jour il dit à un joaillier, en présence de Michel-Ange, qui ne perdit pas un mot de la conversation, qu'il ne voulait plus dépenser un liard ni en petites ni en grosses pierres (c'est-à-dire ni en jo3^iux, ni en bâtisses'), déclaration qui ne l'empêcha pas, à quelque temps de là, de commander une i tiare du prix de 200000 ducats d'or, environ 10 millions de francs. Les orfèvres auxquels il s'adressait comptaient d'ailleurs parmi les premiers de leur temps. L'un d'eux, Domenico de Sutrium, avait été en grande faveur auprès d'Alexandre VL Quant à l'autre, Caradosso, c'était un artiste d'un mérite absolument supérieur, auquel il n'a manqué, pour éclipser Benvenuto Cellini, que de se faire, comme lui, le héraut de sa propre gloire.
La broderie, si florissante sous les règnes précédents, tut reléguée | à l'arrière-plan, elle aussi. Cependant, à cet égard encore, Jules II lit | preuve d'un rare discernement : le brodeur qu'il choisit, Angelo de ' Crémone, était un des maîtres les plus habiles de la Renaissance; il eut l'honneur de travailler pour cinq papes consécutifs. Peut-être estce à lui qu'on doit les superbes ornements sacerdotaux dont Jules II est revêtu dans le portrait tracé par Raphaël sur les murs de la salle de la Signature : Gréi^Dirc IX (sous les traits de Jules II) promulguant les Décrétales.
La tapisserie compta également au nombre des arts sacrifies. Avant de monter sur le trône, Julien de la Rovere s'était laissé aller à acheter une suite d'une grande beauté, VHistoirc d'Héliodore, en
I. Voy. les Lcttcrc di Miclicl-Ans^clo, étlit. Mii.ANnsi, p. 'i-j-j.
JULES II
quatre pièces'. Mais dans la suite, nous le savons de source certaine, il dédaigna les productions de cet art brillant, qui avait valu aux ateliers des Flandres une si grande re'putation. Un inventaire re'dige' en i5i'S nous apprend que les seules tentures entrées au Vatican sous son pontificat furent une Histoire de Griseldis, vieille, mais encore bien conservée ; une Histoire d'Alexandre le Grand, en deux pièces, tissée d'or et de soie; six tentures diverses; une Messe de saint Grég'oire ; huit tentures de peu de valeur; enfin six Verdures. Les tapisseries qui ornaient son antichambre, et dont un contemporain loue la magnificence", remontaient sans doute à un de ses prédécesseurs, à moins toutefois qu'elles ne fussent identiques à V Histoire d'Héliodore, acquise par lui avant son exaltation. Une fois cependant, dans l'enivrement que lui causa l'extinction du schisme, Jules II résolut de perpétuer, au moyen de la tapisserie, le souvenir de ce grand triomphe : il offrit à son ancien titre cardinalice, la basilique de Saint-Pierre-ès-Liens , une superbe tenture représentant V Adoration des bergers, avec l'inscription : Julius H Pont. niax. schismate extincto. Cette tapisserie figure aujourd'hui encore parmi les Joyaux de la basilique.
Fidèle à son principe de toujours rechercher les artistes que la voix publique lui signalait comme les premiers dans leur spécialité, Jules II, alors même qu'il s'agissait de ces arts somptuaires pour lesquels il témoigna tant d'indiflerence, voulut attacher à son service des maîtres éminents entre tous : la peinture sur verre fut représentée par le plus illustre des verriers du seizième siècle, notre compatriote Guillaume Marcillat; la sculpture et la marqueterie en bois, par un artiste non moins célèbre, Frà Giovanni, de Vérone.
On comprend que ces arts secondaires, auxquels les prédécesseurs de Jules II avaient prodigué tant de faveurs, n'aient pas réussi à fixer l'attention d'un pape préoccupé de la reconstruction de Saint-Pierre. Une entreprise aussi gigantesque avait de quoi effrayer même le neveu de Sixte IV. Mais il devina aussi que, s'il parvenait à réaliser son projet favori, sa gloire éclipserait celle de tous les
1. n Panni IV magni, cum Historia Heliodori, cuni armis Julii tempore cardinalatus. » Ne serait-ce pas cette tapisserie qui aurait donné au pape Tidee de commander à Raphaël la fresque repre'sentant le même sujet : Héliodore chassé du temple?
2. « Benchè fussino celebri li razzi di papa Jiulio, dell' anticamera. » (M. A. Michiel di ser Vettori, dans ses Diarii, publics par Cicogna : Mcmoric deW I. R. Istituto vcneto di science, letterc cd arti, 1860, t. IX, p. 45o.)
papes de la Renaissance. L'événement n'a pas trompé son attente. Jules II aurait eu beau créer la splendide cour du Belvédère, ouvrir la via Giulia, faire restaurer ou agrandir la basilique des Saints- Apôtres et celle de Saint-Pierre-ès-Liens, la villa de la Magliana, et tant d'autres édifices auxquels il a attaché son nom; il aurait eu beau commander à Michel-Ange les peintures de la Sixtine et le Moïse, à Raphaël les peintures des Chambres : s'il n'avait pas personnifié en lui la reconstruction de Saint-Pierre, il n'aurait été qu'un de ces Mécènes tels que la Renaissance en a tant compté.
Comment le plus belliqueux des papes a-t-il été amené à reprendre le projet de ce pontife pacifique entre tous, Nicolas V? Comment un Jules II s'est-il passionné à un tel point pour l'entreprise conçue par le plus noble et le plus pur champion de l'humanisme ? On admet qu'avant la reconstruction de la basilique vaticane, les idées de Jules II subirent diverses modifications. Désirant utiliser les immenses fondations de Nicolas ^^ il songea d'abord à y placer son mausolée, et chargea Bramante et Giuliano da San -Gallo d'étudier le problème. Ceux-ci commencèrent par entrer dans ses vues, puis la discussion engendra de nouveaux projets, de plus en plus magnifiques. Le résultat final fut l'adoption d'un plan difterent de celui de Nicolas V, mais tout aussi grandiose, la réédification, dans le style de la Renaissance, de la basilique tout entière. Le () janvier i5o6, Jules II écrivit au roi d'Angleterre pour lui annoncer sa détermination et pour solliciter son concours ; le 8 avril suivant, eut lieu la pose de la première pierre avec une solennité propre à montrer l'importance que le pape attachait à l'entreprise. L'Europe entière tressaillit à la nouvelle de la reconstruction de la basilique du prince des apôtres. Les uns regrettèrent de voir le pic des démolisseurs s'attaquer à tant de monuments augustes ; les autres, par contre — et ils furent en majorité — applaudirent. Les offrandes affluèrent. Un seul moine franciscain apporta 27 000 ducats destinés à cette œuvre sainte'. Les temps avaient change. Autrefois Rome envoyait ses missionnaires prêcher la croisade, et l'Europe, transportée d'enthousiasme, se précipitait, au cri de « Dieu le veut », à la conquête de l'Orient. Maintenant on ne demandait plus que le sacrifice de quelque argent pour l'exécution d'une œuvre d'art. Et encore cette entreprise, destinée à resserrer les liens qui unissaient à Rome les
I. Ai.iiKRi, Rcla^ioni degU ambasciatori vciicti al Scnato, 2'' série, t. III.
LE CARDINAL GRIMANL
chrétiens de l'univers entier, cette entreprise destinée à marquer le triomphe suprême de la papauté, devint-elle pour celle-ci une cause d'affaiblissement et détacha-t-elle de l'Église des millions de croyants. Est-il nécessaire de rappeler que la Réforme a eu pour cause directe, immédiate, les exigences formulées à l'occasion de la reconstruction de Saint-Pierre?
Le sacré collège, qui se composait alors d'une trentaine de membres (sous Léon X, ce chiffre fut porté à quarante-huit), comptait dans son sein plusieurs cardinaux célèbres par leur luxe ou leur amour des arts. Son doyen, Dominique-Raphaël Riario, qui portait la pourpre depuis le règne de son oncle Sixte IV^ déployait une pompe royale. Quand il parcourait les rues de Rome, quatre cents hommes à cheval lui servaient d'escorte'. Mais la protection qu'il accorda au Pérugin, à Peruzzi et à Bramante, la commande, auprès de Raphaël, de la Madone de Lorette, ont plus contribué à sa gloire que ses richesses et son faste ; la fondation du palais de la Chancellerie a achevé de rendre son nom immortel. Pourquoi ûiut-il que la démolition de l'arc de triomphe de Gordien, dont le cardinal employa les matériaux aux besoins de la nouvelle construction, ait terni une renommée si brillante !
Le cardinal vénitien Dominique Grimani, s'il ne signala pas son passage à Rome par une fondation aussi grandiose, réunit du moins, dans le palais de Saint-Marc, élevé par son compatriote le pape Paul II, un musée et une bibliothèque de 8000 volumes, qui, après avoir excité l'admiration des Romains, firent la gloire de Venise, à laquelle le cardinal légua les innombrables trésors recueillis dans la Ville éternelle. Ce que Grimani recherchait avec le plus d'ardeur, après les manuscrits et les antiques, c'étaient les tableaux flamands : il possédait, outre son célèbre Bréviaire, de nombreuses compositions dues à Jean Memling, à Jérôme Bosch, à Gérard de Hollande, et à d'autres de leurs compatriotes. Albert Durer et son maître Jacopo de' Barbari, un Vénitien devenu Allemand, étaient aussi représentés dans sa collection. Quel rare exemple de tolérance, admirer en même temps, en plein j seizième siècle, en pleine Italie, les chefs-d'œuvre de la statuaire ! grecque ou romaine et ceux de l'Ecole flamande, à peine échappée à lia domination du style gothique! Ajoutons que Raphaël fut également jugé digne de figurer dans le cabinet de l'illustre amateur vénitien :
1. Alberi, Rela^ioni dci^li amhasciatori veneti al Senato, 2"= série, t. III, p. 55.
Grimani réussit, nous ignorons par quels moyens, à se procurer le carton (aujourd'hui perdu) de Tune des tapisseries du maître, la Conversion de saint Paul, le seul de ces cartons qui soit revenu des Flandres en Italie, Le cardinal se berçait aussi de l'espoir de conquérir un ouvrage de Michel-Ange; celui-ci le lui avait du moins for- | mellement promis. Mais cette fois-ci encore la passion de la miniature reprit le dessus. Ne demanda-t-il pas au Titan florentin, qui appelait la peinture à l'huile un art bon pour les femmes, d'exécuter pour lui un petit tableau de chevalet, « un quadretto' » ! — Grimani habita Rome jusqu'en i5i6, époque à laquelle il retourna dans sa ville natale.
Le cardinal Jean de Médicis, le futur pape Léon X, avait autant | d'enthousiasme pour les lettres et les arts, mais sans pousser aussi loin l'ambition. Ce qu'il recherchait à ce moment, c'étaient surtout les | manuscrits et les antiques. Nous aurons l'occasion de revenir sur ses goûts quand nous étudierons l'histoire de son pontificat.
Devant ces trois Mécènes, le rôle des autres cardinaux semblait passablement effacé. Rappelons seulement qu'Hippolyte d'Esté, pre- j mier du nom, se distinguait par son luxe : il réunit entre autres une | superbe suite de tapisseries.
Plus encore que le collège des cardinaux, la curie proprement | dite contribuait à faire de la cour pontificale le milieu le plus spirituel, le plus lettré, le plus artiste qui fût alors au monde. Moins en évidence que les princes de l'Eglise, l'esprit toujours tenu en éveil par une ambition non encore satisfaite, aimant les lettres pour elles-mêmes, et pour les encouragements qu'elles rencontraient en haut lieu, les j « curiales », j'entends les secrétaires des brefs, les employés de la chancellerie, les avocats consistoriaux, les protonotaires apostoliques, etc., etc., formaient une société d'élite recrutée dans toutes les parties de l'Europe, et qui jetait sur la ^'ille éternelle un éclat incomparable. Au quinzième siècle, ils avaient compté dans leurs rangs les esprits les plus distingués : Léonard d'Arezzo; le Pogge et son collègue Antoine Loschi, de joyeuse mémoire; Platina; puis Jean Burckhard, de Strasbourg, l'inexorable maître de cérémonies d'Alexandre VI, | qui, dans son célèbre Diarium, ne nous a fait grâce ni d'un détail i d'étiquette, ni d'un des crimes de son patron; Burckhard, qui, à la I fois souple et caustique, osa jouer même avec la majesté terrible de j
I. Lettre de Grimani à Michel-Ange, en date du i i juillet i523. (Daelli, Carte Michelangiolesclic inédite; Milan, i8(j5, p. 22.)