‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 138 sur 327 · ISABELLE DE MANTOUE · texte numérisé non relu

ISABELLE DE MANTOUE

montra bien quand il fit assassiner l'amant de sa sœur', et qu'il poignarda de sa main, en plein Ravenne, un prince de l'Eglise, le ministre favori de Jules II, le cardinal Alidosi. François-Marie visita Rome à différentes reprises, notamment en i5io, où il y passa le carnaval en compagnie de sa jeune épouse, Eléonore Gonzague. Il est difficile d'admettre qu'il n'y ait pas donné des marques de sa bienveillance à celui de ses sujets qui portait alors si haut la réputation de l'antique cité d'Urbin. Raphaël, de son côté, parle de lui à diverses reprises dans les termes les plus affectueux; il prit une vive part aux malheurs qui le irappèrent dans la suite.

La mère de François-Marie, la duchesse Jeanne délia Rovere, la « Préfétesse », comme on l'appelait, semble s'être fixée à Rome vers la fin de sa vie. Nous savons du moins qu'elle mourut dans cette ville, en I5l4^ On se rappelle qu'elle avait, dès 1604, servi de protectrice à Raphaël. Son appui ne lui fit certainement pas défaut auprès de son beau-frère, Jules II.

Une autre dame illustre, proche parente de la famille ducale d'Urbin, la marquise Isabelle de Mantoue, vint plusieurs fois aussi à Rome pendant le règne de Jules II. Isabelle d'Esté (née en 1474), mariée en 1490 au marquis François de Gonzague, est à coup sûr, parmi toutes les princesses du quinzième et du seizième siècle, celle qui a personnifié avec le plus d'éclat et de pureté les aspirations de la Renaissance. Intimement liée avec des savants ou des poètes, tels que Aide Manuce, Bembo, l'Arioste, Paul Jove, Bernard Tasso, Balthazar Castiglione, la marquise comptait également parmi ses protégés ou ses amis les artistes les plus célèbres. Son peintre attitré s'appelait André Mantègne. Giovanni Santi, Cristoforo Romano, Lorenzo Costa, le Pérugin, Jean Bellin, Jules Romain, Lorenzetti, le Corrège, Sébastian© del Piombo, travaillèrent pour elle. Léonard de Vinci et le Titien firent son portrait. Son admiration pour ces maîtres n'était égalée que par son enthousiasme pour l'antiquité : elle résolut d'élever au plus illustre des enfants de Mantoue, à Virgile, un monument digne de lui, avec l'inscription : Publiiis Virgilius Mantuanus; — Isabella marchionissa Mantuœ restituit, et confia à Mantègne le soin d'en composer l'esquisse \ Son cabinet, la Grotta, comme on l'appelait, ne tarda pas à s'enorgueillir des plus beaux spécimens de la

1. Ugolim, Storia dci conti e diichi d'Urbino; t. If, p. 142.

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