‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 144 sur 327 · CARADOSSO · texte numérisé non relu

CARADOSSO

pontifical, en i5o7-i5o8, qui attira sur les bords du Tibre les représentants les plus autorisés des écoles italiennes : Sodoma, le Pérugin, Pinturicchio, Signorelli, Bramantino Suardi, Lorenzo Lotte, le Spagna, auxquels il faut ajouter le Flamand Jean Ruysch, le Vénitien André, etc., etc. Depuis le règne de Sixte IV, on n'avait plus vu concours aussi brillant. Toutefois, s'il y eut beaucoup d'appelés, on ne compta que peu d'élus, et ces élus eux-mêmes durent bientôt se retirer devant Raphaël. Certes, si le Pérugin fut heureux de retrouver dans cette société d'élite son ancien élève, quelle mortification ne dutil pas éprouver lorsqu'il se vit forcé de lui céder sa place, et que le pape donna au disciple l'ordre d'effacer les compositions du maître!

Les arts industriels étaient représentés par des maîtres peu nom- I breux, il est vrai, mais qui comptent parmi les premiers de tous les pays et de tous les temps. Le plus grand des orfèvres de la fin du j quinzième et du commencement du seizième siècle, Ambrogio Foppa, surnommé Caradosso, travaillait pour Jules IL Comme beaucoup d'entre ses contemporains, Caradosso était à la fois orfèvre, sculpteur et médailleur. Il se distingua d'abord au service de Ludovic le More qui le chargea non seulement de nombreux travaux, mais encore de négociations supposant une parfaite connaissance des œuvres d'art antiques. Une première fois de passage à Rome en 1487, l'artiste milanais s'y fixa définitivement dans les dernières années du quinzième siècle. Dans l'intervalle, Ludovic lui avait confié la mission, fort délicate, de recueillir à Florence les épaves du musée des Médicis. Dans une longue série de lettres Caradosso fait connaître au duc le résultat de ses démarches. Après la chute des Sforza, il chercha fortune à Rome : il y retrouva un de ses amis de Milan, Bramante, dont il a perpétué les traits dans une médaille d'une facture large et souple. Jules II ne tarda pas à distinguer l'éminent maître milanais : deux médailles, souvent reproduites par la gravure, témoignent de ses rapports avec lui. Lorsque, sous l'ardente impulsion du pape, la corporation des orfèvres de Rome se reconstitua en iSoq, et reconstruisit l'église de son patron, saint Eloi, Caradosso fut un des fondateurs de r « Università degli orefici ». Un des premiers actes de Léon X fut de j conférer à Caradosso le titre de joaillier pontifical ; il lui commanda en outre de nombreuses pièces d'orfèvrerie. Caradosso, déjà fort vieux à

I. Voy. le Cabinet de l'amaieur de M. Piot, i863, pp. 23 et suiv., et nies notices sur le Musée du Capitale; Paris, 1882, et sur l'Atelier monétaire de Rome; Paris, 1884, pp. 20 et suiv.

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