‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 145 sur 327 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

cette époque, vécut encore une quinzaine d'années ; il mourut vers 1 627, riche, entouré de la considération générale.

Deux de nos compatriotes, maître Claude et le frère Guillaume Marcillat, représentaient la peinture sur verre. Ici encore Jules II avait eu la bonne fortune d'attacher à son service des artistes du premier ordre. Maître Claude comptait parmi les plus célèbres verriers de France. Quant au frère Guillaume , les verrières de Sainte-Marie du Peuple, à Rome, et à Arezzo celles du dôme, de Saint-François, de Saint-Dominique, proclament aujourd'hui encore son rare talent.

Le plus célèbre des sculpteurs et incrustateurs en bois de la Renaissance, le frère Jean de Vérone, fut également appelé à Rome par Jules II, et associé aux travaux de Raphaël. C'est lui qui exécuta les boiseries de la salle de la Signature.

Nous venons d'étudier le milieu dans lequel Raphaël était appelé à vivre désormais. Nul doute que, dès les premiers jours, l'Urbinate n'y ait conquis le rang auquel il avait droit. L'adolescent était devenu un homme; il suffit de comparer le portrait déjà si viril, qu'il nous a laissé de lui-même dans VEcole d'Athènes, au langoureux portrait de la galerie de Florence, pour voir quelle transformation s'était opérée en lui. A ses qualités natives, l'enjouement, la vivacité, l'esprit, étaient venues se joindre la souplesse, l'expérience et une légitime ambition. Fort de son génie, appuyé par de puissantes amitiés, il ne tarda pas à gagner les bonnes grâces de Jules II. Le suffrage du monde artiste confirma le choix du pape : les fresques de la chambre de la Signature n'étaient pas encore terminées que déjà Rome entière saluait dans le jeune maître d'Urbin le rénovateur de la peinture italienne.

Page 1