‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 16 sur 327 · C H A P I T R 1^: II · texte numérisé non relu

C H A P I T R 1^: II

accepta, mais à condition qu'il pourrait auparavant terminer les ouvrages qu'on lui avait commandes à Florence, à Fano et dans quelques autres villes. Il s'engagea toutefois à ne pas retarder au delà de l'année 1 5oo l'achèvement des fresques du Cambio. Le prix fut fixé à 35o ducats, payables en lo ans. Le contrat nous laisse malheureusement ignorer si l'artiste s'engageait, comme il l'avait fait quelques années auparavant à Orvieto, à peindre lui-même toutes les tîgures, et surtout les visages, ainsi que la partie supérieure des corps, et s'il promettait en outre de n'employer que de bonnes et solides couleurs, et de donner à la composition toute la perfection désirable'.

Cette fois-ci, le maître se montra exact. Dès la fin de 1409, le travail était en bonne voie, et la corporation se convainquit avec joie que la décoration du Cambio ne serait plus qu'une affaire de mois et de jours.

C'est à ce moment, selon toute vraisemblance, que Raphaël entra dans l'atelier du Pérugin.

Pietro Vannucci, surnommé le Pérugin, quoiqu'il fût né à Città délia Pieve, était alors dans toute la force de son talent, dans tout l'éclat de sa gloire. Un nombreux essaim de disciples se pressait autour du maître vénéré. Princes et villes libres se disputaient son pinceau. Le duc de Milan, la république de Venise, l'œuvre du Dôme d'Orvieto, lui faisaient simultanément les offres les plus séduisantes, sans réussir à l'attacher à eux. Lorsque, quelque dix années auparavant, Giovanni Santi, dans sa Chronique rimée, avait exprimé en termes si chaleureux l'admiration que lui inspirait le peintre ombrien, le poète-artiste n'avait fait que devancer l'engouement général. Il ne fut pas donné, il est vrai, au brave lirbinate d'introduire lui-même son fils dans l'atelier de Pérouse : la mort l'en empêcha. Mais, on peut l'affirmer, le père de Raphaël eût-il vécu plus longtemps, eût-il eu la satisfaction de désigner lui-même le maître de son fils, ce serait sur le Pérugin que se serait fixé son choix. Les vers dans lesquels il avait uni l'éloge de l'artiste ombrien à celui de Léonard de Vinci durent résonner plus d'une fois à l'oreille du jeune Raphaël, qui, lui aussi, resta si longtemps fidèle à ce double culte:

Due giovin par d'etate e par d'amori, '

Leonardo da Vinci c '1 Perusino,

Pier délia Pievc ch' è un divin pittorc.

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