ETUDE POUR LA FIGURE DU COMMERCE
(Musée du Louvre.)
distingue la seconde des Chambres, ne s'y est servi que de ressources propres à la peinture; il a cherchJ, avant tout, à prouver qu'il était aussi grand coloriste que dessinateur.
Les peintres de la Renaissance ne de'daignaient pas les plus humbles travaux de décoration. C'est ainsi que Raphaël, déjà célèbre, consentit, sans scrupule aucun, à peindre au-dessus de la cheminée d'une chambre, dite d'Innocent les armoiries de Jules II, supportées par deux enfants nus. L'un de ces enfants existe encore ; il a été légué par le peintre Wicar à l'Académie de Saint-Luc de Rome. On jugera par notre gravure de la beauté de cette figure, qui a malheureusement beaucoup souffert. Remarquons que l'enfant de l'Académie de Saint-Luc est de tout point semblable à ceux qui sont placés aux côtés de VIsaïe de Raphaël, dans l'église Saint-Augustin de Rome.
Un document conservé dans les aixhives de la fabrique de Saint- Pierre tend h prouver que Jules II confia également à Raphaël la décoration du corridor conduisant du Vatican au Belvédère, et que, sur les dix-sept arcades composant ce corridor, l'artiste en peignit une sous Jules II, au prix de 200 ducats, et quatre autres sous Léon X, au prix de 1 5o ducats seulement chacune'.
D'après une communication de M. de Geymtiller, ces peintures semblent avoir été destinées à l'un des deux étages, alors terminés, du bras droit de la cour du Belvédère, bras qui comprend effectivement dix-sept travées. Au rez-de-chaussée (actuellement converti en écuries), des arcades doriques formaient une loge ouverte. Quant au premier étage, correspondant aujourd'hui à l'atelier de mosaïques, il était orné de pilastres ioniques et fermé par des fenêtres quadrangulaires. Une portion considérable de cette construction s'écroula sous Clément MI (Vasari, t. VII, p. i32); il est probable que les peintures en question auront péri avec elle. Ainsi seulement il est possible de s'expliquer comment le souvenir même d'un ouvrage si intéressant s'est perdu.
La décoration des « Stances » aurait suffi pour absorber tout artiste moins fécond, moins habile que Raphaël. Cependant, quelque colossal que soit le travail réalisé dans la chambre de la Signature et dans celle d'Héliodore, les fresques du palais pontifical ne forment que la moitié
I. Voyez mes Historiens et critiques de Raphaël; Paris, Rouam, i883, p. r33.