Daki.i.i, Carie micliclangiolcsclic inédite, p. 5i
NAVAGERO ET BEAZZANO. 429
Aquila. Ce fut pour lui que Raphaël construisit le beau palais du Borgo et peignit la Visitation du musée de Madrid. Telle était l'amitié qui les unissait, que Raphaël choisit Branconio pour exécuteur testamentaire. Un des médecins du pape, Jacques de Brescia, a également le droit de figurer parmi les amis de Raphaël, qui construisit pour lui, près du Vatican, un palais, aujourd'hui encore debout.
De nombreux poètes et humanistes étaient venus s'ajouter à ceux que nous avons énumérés dans le chapitre consacré à Jules II. Parmi ceux qui se lièrent plus particulièrement avec Raphaël, il faut citer les "N'énitiens André Navagero, né la même année que le peintre, en 1483, tour à tour poète, philosophe, historien, diplomate, et Beazzano, employé par Léon X à des missions de la plus haute importance. Ces deux écrivains comptaient parmi les amis les plus intimes de notre maître, qui peignit leurs portraits sur le même panneau. Un autre Vénitien, Marc-Antoine Michiel, l'auteur, selon toute vraisemblance, du célèbre recueil connu sous le nom d'Anonyme de Morelli, était également en relations e^uivies avec Raphaël, dont il a raconté la mort en termes émus. C'était un amateur du goût le plus fin.
Une lettre de Bembo nous montre cette bande joyeuse faisant, en compagnie de Raphaël, une excursion à Tivoli. « Demain, écrit le secrétaire apostolique, après vingt-sept ans, je reverrai Tivoli, avec Navagero, Beazzano, le seigneur Balthazar Castiglione et Raphaël. Nous voulons voir tout, l'antique et \t moderne. Nous y allons pour l'agrément du seigneur André (Navagero), qui doit retourner à Venise après avoir fait ses Pâques. » L'archéologie, je le croirais volontiers, ne défraya pas seule la conversation pendant cette excursion, dont le récit nous aurait vivement intéressés.
Mentionnons encore, parmi les amis de Raphaël, les deux poètes Antoine Tebaldeo, dont l'artiste fit également le portrait, et le Napolitain Jacques Sannazaro, l'auteur du célèbre poème De partit \"irginis.
Léon X savait discerner le mérite, même sous les apparences les plus humbles. Ce fut lui qui fit venir à Rome un vieux savant, appelé à exercer une grande influence sur Raphaël, Marco-Fabio Calvo. Né à Ravenne, dans la première moitié du quinzième siècle, Calvo, de la noble famille des Guiccioli, s'adonna de bonne heure à l'étude du latin et du grec, et profita de ses connaissances dans ces deux langues pour entreprendre, d'un côté une traduction d'Hippocrate, de l'autre des recherches sur les antiquités romaines. Léon X, après l'avoir
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décidé à se fixer à Rome, le nomma prieur de Saint-Albert, puis archiprètre de Saint-Pierre in Trento ; il lui donna, en outre, le titre de « familier » et celui de « commensal », et lui accorda une pension qui lui permit de se livrer sans réserve à l'étude. Son contemporain Calcagnini, dans une lettre souvent citée, appelle Calvo un vieillard d'une probité stoïque, dont l'obligeance égalait l'érudition. Calvo. ajoutc-t-il.