PORTRAIT DE BEAZ/CANO
(D'après la copie conservée au musée de Madrid.)
s'étaient jetées sur la \'ille éternelle, il fut dépouillé de tout ce qu'il possédait. Comme il ne pouvait payer la rançon énorme qu'ils exigeaient de lui, ses bourreaux le trainèrent avec eux jusqu'à ce qu'il mourût de fatigue et de faim dans un hôpital situé près de Rome. Son travail sur les régions de Rome [Autiqiia.' Urbis Romaj simiilachrtiin ciiin regionibiis ; Rome, ib'xi ne parut, scion toute vraisemblance, qu'après sa mort; la dédicace à Clément MI, qui figure en tète du volume, peut fort bien, en etVet, \x\o\v été composée quelques années aupara-
vaut. D'autres mémoires de Calvo, son traité De nummis et son Unciœ dii'isio, sont encore inédits; ils se trouvent parmi les manuscrits de la Vaticane '.
Une réunion d'artistes, telle que l'histoire n'en a jamais connue, rehaussait l'éclat que la cour de Léon X tirait de la présence de tant de savants célèbres. C'était toujours Bramante qui inspirait et dirigeait cette phalange souvent peu disciplinable; mais il était vieux et infirme, et ne tarda pas à disparaître. Ses émules, Frà Giocondo et Giuliano da San-Gallo, touchaient également à l'extrême vieillesse; ils ne jouèrent plus qu'un rôle effacé, malgré la faveur que Léon X leur témoigna. Heureusement, une génération nouvelle, composée en grande partie de disciples de Bramante, avait surgi : on remarquait dans ses rangs Antonio da San-Gallo, Giovanni Francesco da San-Gallo, Aristotele da San-Gallo, Balthazar Peruzzi, et les nombreux architectes attachés aux travaux de Saint-Pierre.
La peinture comptait alors à Rome ses représentants les plus illustres : outre Raphaël, nous trouvons dans la "\^ille éternelle Léonard de A'inci, qui y exécuta, à la fin de Tannée i3i3 ou au commencement de l'année 1614, deux tableaux destinés à Balthazar Turini; — Frà Bartolommeo, qui signala son passage, au printemps de l'année i5i4, par l'exécution du Saint Pierre et du Saint Paul, aujourd'hui conservés au Quirinal; — Sodoma, qui offrit au pape un tableau représentant la Moi't de Lnerèce, et qui reçut de lui, en retour, le titre de chevalier, ^'ers la même époque, Lucas Signorelli tenta de nouveau la fortune à Rome. Il 3' vint peu de temps après l'avènement de Léon X, espérant gagner sa faveur par le récit des persécutions qu'il avait subies par suite de son attachement pour les Médicis; mais il échoua complètement. Michel-Ange raconte dans ses Lettres (édit. Milanesi, p. 3cji) que le peintre ombrien le supplia de lui prêter quelque argent et qu'il lui remit îSo jules, dont il n'entendit plus jamais parler. Timoteo Viti, le compatriote et l'ami de Raphaël, vint également à Rome dans les premières années du règne de Léon X; il collabora, comme nous le verrons, aux Sibylles de l'église Santa-Maria délia Pace. \n\ fut suivi d'un autre Urbinate, Girolamo Genga, que Vasari nous
montre également en relations avec Raphaël. Quant à l'éminent chef de !
I. Nous avons rt-digii cette notice à l'aide des renseignements fournis par Mazzuchelli, dans sa biographie (inédite) de Calvo (Cod. \'aticanus, n» n2()3, fol. 275 V et suiv.), et par TiRAiiosciii, dans sa Storia dclla Icttcrattira italiana, édit. de Milan, t. p. 084.